
Zona Cero (2024, Aux Forges de Vulcain)
Auteur : Gilberto Villarroel, Chilien
One-Shot, Science-Fiction, Survival Horror
Zona cero, 2020, traduit par Carole Fillière
Illustration : Elena Vieillard
Un tremblement de terre déclenche une épidémie d’origine inconnue qui transforme Santiago en paysage apocalyptique. Un journaliste, Gabriel, entre dans la ville pour sauver son épouse, Sabine. Elle vient d’apprendre qu’elle est enceinte. Mais la capitale est assiégée par des troupes étrangères qui interdisent l’accès à la « Zona Cero ». Le chaos règne. Les habitants sont transformés en créatures meurtrières et destructrices.
Avec l’aide d’un militaire américain et d’un groupe de mineurs en grève, Gabriel traverse une ville infestée de monstres. Sa mission : sauver un curé déchu qui a la clé pour affronter le mal légendaire qui les menace tous.
Mon avis
En pleine querelle de couple au téléphone, la communication entre Gabriel et Sabine et coupée – métaphoriquement déjà, puisque visiblement, ça ne va pas fort entre eux en ce moment, et de façon plus littérale puisqu’un tremblement de terre secoue la capitale du Chili.
Le problème, c’est que ce séisme va avoir d’autres conséquences que des dégâts matériel, puisqu’une épidémie va vite se répandre après qu’un vieux en haillons soit sorti des décombres. La scène en elle-même est très chouette, et surtout, pendant quelques chapitres j’étais un peu dans le flou sur le type d’antagonistes qu’on allait avoir : infectés ? Zombies ? Autre chose ? Ce qui rend les monstres plutôt intéressants malgré ce point de départ assez classique, même si on retombe sur une figure classique de l’horreur plus loin dans le roman, ce que je regrette un peu. J’avoue que quitte à lire un livre d’un auteur Chilien qui se passe au Chili, j’aurais bien aimé avoir affaire à une créature réellement locale.
Reste que le roman est un divertissement très efficace. Les créatures sont de vraies prédatrices, dangereuses et intelligentes, et le périple des personnages pour entrer au cœur de la ville sinistrée est rendu d’autant plus difficile par les décombres. Car Gabriel est bien décidé à retrouver sa femme, quitte à s’allier à des militaires pas franchement transparents sur leurs objectifs, un prêtre encore plus douteux, et des ouvriers chiliens pour le coup très sympathiques. Le rythme est assez élevé, les péripéties presque cinématographiques, et on la tension monte à mesure qu’on découvre l’ampleur des machinations derrière ces créatures. Franchement, c’est un livre que je verrai bien adapté sur grand ou petit écran.
Bon, jusqu’ici, on est sur un survival efficace mais plutôt classique. Mais ce qui est intéressant, c’est que l’auteur en profite pour parler un peu de la situation sociale et politique de son pays d’origine. Et c’est pas franchement folichon, et c’est au point que dans la postface, l’auteur admet ne pas pouvoir remercier certaines personnes pour ne pas leur attirer des ennuis ! Je l’ai lue à peu près au milieu du roman (parce que pourquoi pas), et je ne regrette pas, parce que cette postface ajoute plus de contexte à l’ensemble. J’aurais presque aimé que l’auteur passe encore plus de temps là-dessus, parce que pour moi cet aspect participe vraiment à l’identité et l’intérêt du livre. Mais d’un autre côté, on aurait sans doute perdu en efficacité au niveau rythme et divertissement, et puis ce n’était sans doute pas évident à faire. Donc l’un dans l’autre, j’ai quand même apprécié cet équilibre entre les deux aspects, puis ça n’empêche pas de se renseigner un peu par soi-même après.
Bilan
Zona Cero n’est pas forcément surprenant dans son point de départ ou son déroulé, mais en tant que survival, il est efficace, divertissant – cinématographique, même – et il est surtout intéressant pour ce qu’il donne à percevoir de la situation politique et sociale du Chili. Je regrette quand même qu’on n’ait pas eu un antagoniste spécifique à la culture chilienne.
Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?
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