
Sintonia (2025, Ed. Le Bélial)
Audrey Pleynet, Française
One-shot, Science-Fiction
Illustration : Aurélien Police
Terre, année 2354. Deux cents ans après la guerre des Ires, un conflit qui a lui-même couru sur près d’un siècle, le monde a changé de visage. Ayant brisé le cycle infernal des luttes armées et des catastrophes écologiques par la grâce de la nanotechnologie, l’humanité se protège d’une nature résolument hostile au cœur de cités-États. Les plus avancées ont connu l’Élévation, un procédé nanotech qui leur a permis de gagner les nuages, loin du Sol et de ses pollutions délétères. Dont la puissante Venise, pionnière des villes-tiges, qui étend son emprise planétaire par l’entremise de ses guildes ancestrales riches d’une maîtrise technologique bien gardée. Mais dans la Sérénissime, les haines sont tenaces et les jeux de pouvoir incessants. La séculaire Sintonia, lignée de redoutables femmes assassins usant du Diapason, un contrôle mental issu d’une nanite dont elles seules détiennent l’apanage, s’apprête à en faire les frais ? jusqu’aux dernières de ses membres. À moins que… Dans ses sombres ruelles chargées d’histoire, au cœur de ses palais vertigineux, par-delà ses ponts suspendus et ses gondoles volantes, la Cité des Doges protège ses secrets derrière de nombreux masques…
Mon avis
Si je suis, et de loin, davantage lectrice de Fantasy que de Science-fiction, il y a quand même quelques auteurices de SF dont je suis de près les publications, et Audrey Pleynet en fait indéniablement partie.
Le présent roman s’inspire du microchimérisme, dans ce cas précis l’échange de cellules de la mère vers l’enfant lors d’une grossesse. Que se passerait-il, si une technologie permettait à une mère de prendre le contrôle de ses filles via ces fameuses cellules, jusqu’à créer une sorte de « toile » de contrôle mental, la mère la plus « ancienne » pouvant ainsi contrôler toute sa descendance sur plusieurs générations ? Et même qu’on appellerait cette faculté le Diapason.
Dans le futur, l’humanité a tant abimé la Terre que ses villes se sont élevées vers le ciel sur d’immenses tiges, afin de s’éloigner d’un sol devenu bien trop inhospitalier. Les technologies ont évolué, et certaines familles sont devenues les uniques dépositaires de certaines d’entre elles, à commencer par la famille Sintonia qui s’est servie de ce fameux Diapason pour créer une guilde de femmes assassines des plus efficaces et redoutées.
L’univers dans lequel se déroule ce roman est vraiment fascinant, à commencer par ses technologies. Cette histoire là se suffit à elle-même, mais je pense que ce cadre a le potentiel de nombreuses autres. Pour moi, c’est vraiment LE point fort du roman. Le Diapason lui-même est très intéressant, puisqu’il permet de s’interroger un certain nombre de notions, du libre-arbitre à comment se réapproprier sa propre vie.
Parce que la guilde Sintonia, elle a des ennemis. Ce n’est pas un spoil : la branche venisienne de la famille éclate dès le début du livre. Dès lors, les survivantes éparpillées ne peuvent plus se « cacher » derrière l’autorité de leurs ascendantes, elles sont désormais maîtresses de leurs décisions et de leur survie, et doivent désormais assumer leurs actes. Et ça, c’est pas forcément évident.
Autant dire que ce roman partait très bien, en tout cas sur son postulat de départ. Malheureusement, j’ai moins été convaincue par l’intrigue et les personnages.
C’est difficile d’en établir la raison exacte, mais je pense que ça tient à plusieurs choses. Déjà, il m’a manqué un fil rouge, des enjeux forts. Hormis la sœur aînée, Talia, qui part à la recherche de réponses et notamment d’un moyen de libérer ses filles du Diapason, les trois autres protagonistes sont surtout occupées à survivre et/ou à se forger une nouvelle place. Et en ce qui me concerne, ça ne m’a pas vraiment suffi à m’immerger dans leurs arcs respectifs.
De même, j’ai trouvé qu’il n’y avait pas assez d’éléments qui préparaient le climax, du coup je me suis sentie un peu perdue quand il est arrivé. Surtout, j’ai eu du mal à le relier à l’histoire de ces survivantes de la famille Sintonia.
Mais bon, rien que pour l’univers proposé, c’était bien cool comme lecture, le worldbuilding vaut vraiment le détour.
Bilan
Si j’ai trouvé l’univers proposé et les notions interrogées fascinants, j’ai été moins emballée par l’intrigue et les protagonistes. Le cadre a en tout cas un fort potentiel pour de nouvelles histoires, parce que le worldbuilding est vraiment un gros point fort de cette lecture.
Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?
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Nous avons le même ressenti sur ce livre ^^
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J’avoue que ça m’avait rassurée d’ailleurs, je trouve que c’est un peu compliqué quand on a l’impression d’avoir un avis un contre courant^^
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Tout à fait. On se demande si on est pas passé à côté de quelque chose.
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Je suis d’accord avec toi c’est surtout le Wordbuilding qui m’a intéressé ici et j’ai trouvé l’intrigue peut-être un peu fade en comparaison. Mais ça reste clairement fascinant ce qu’elle a inventé.
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Toutafey^^
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Effectivement, l’univers paraît fabuleux 😍 Dommage que le récit et les personnages soient peut-être moins engageants…
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Après n’hésite pas à aller lire d’autres avis s’il te tente ^^
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