Tome 1/2 du cycle de Fantasy YA Contrer les brumes
Couverture : Hypathie Aswang
Illustrations intérieures : Léa Muna
Dans l’Amertume, une étendue de brumes mortelles, les chimères rôdent. Clervie, domestique sur le guet de More, passe ses journées au service de messer Sénoc, un éminent alchimiste. Entre préparation du feu bleu et relevés du front brumeux, toutes les précautions sont bonnes pour se protéger de l’Amertume. Juste avant la grande marée, les hommes du bastion découvrent l’existence d’un chimèron, un hybride mi-humain, mi-chimère. Les inquiétudes s’accroissent avec la montée des brumes. Quelles sont les véritables intentions de cette créature ? Lorsque Clervie découvre qu’elle a des facultés similaires à celles du chimèron, tout bascule : un lien se tisse entre eux, et elle doit maintenant choisir entre son cœur et ses devoirs. Et si le chimèron n’était pas une menace, mais la preuve vivante d’un salut pour l’humanité ?
J’avais sept ans lorsque les insurgés ont renversé l’Empire, lorsqu’un vent de liberté et d’espoir a secoué jusqu’aux tréfonds de notre trop vieux monde. Je sais, aujourd’hui, que le drame était déjà là, en germe, dans les toutes premières heures de la révolution… Aujourd’hui les golems immobiles se dressent aux portes de l’ancienne capitale, et des prédicateurs errants nous promettent le prochain retour des Wurms, des anciens dragons d’ombre qui autrefois asservissaient les humains. Je ne vais pas vous narrer le combat glorieux de la Révolution triomphante, car ce combat-là n’a jamais eu lieu. Les héros parfaits n’existent que dans les bylines, et les insurgés n’étaient jamais que des hommes. Par contre je vais vous raconter comment nous avons continué à y croire, même dans les heures les plus sombres, même quand nous n’avions plus d’espoir. Comment nous n’avons jamais abandonné.
Terre, année 2354. Deux cents ans après la guerre des Ires, un conflit qui a lui-même couru sur près d’un siècle, le monde a changé de visage. Ayant brisé le cycle infernal des luttes armées et des catastrophes écologiques par la grâce de la nanotechnologie, l’humanité se protège d’une nature résolument hostile au cœur de cités-États. Les plus avancées ont connu l’Élévation, un procédé nanotech qui leur a permis de gagner les nuages, loin du Sol et de ses pollutions délétères. Dont la puissante Venise, pionnière des villes-tiges, qui étend son emprise planétaire par l’entremise de ses guildes ancestrales riches d’une maîtrise technologique bien gardée. Mais dans la Sérénissime, les haines sont tenaces et les jeux de pouvoir incessants. La séculaire Sintonia, lignée de redoutables femmes assassins usant du Diapason, un contrôle mental issu d’une nanite dont elles seules détiennent l’apanage, s’apprête à en faire les frais ? jusqu’aux dernières de ses membres. À moins que… Dans ses sombres ruelles chargées d’histoire, au cœur de ses palais vertigineux, par-delà ses ponts suspendus et ses gondoles volantes, la Cité des Doges protège ses secrets derrière de nombreux masques…
La capture d’une étrange sirène des marécages, aussi fascinante que monstrueuse, fait basculer la vie d’Arsène. Séquestrée dans une cave, la créature va devoir survivre hors de l’eau, dans le monde impitoyable des hommes. Elle sera l’objet de toutes les convoitises, jusqu’à attirer l’attention d’une nonne-naturaliste.
Je vais vous raconter comment l’Empire est mort. L’Empire de Bohen, le plus puissant jamais connu, qui tirait sa richesse du lirium, ce métal aux reflets d’étoile, que les nomades de ma steppe appellent le sang blanc du monde. Un Empire fort de dix siècles d’existence, qui dans son aveuglement se croyait éternel. J’évoquerai pour vous les héros qui provoquèrent sa chute. Vous ne trouverez parmi eux ni grands seigneurs, ni sages conseillers, ni splendides princesses, ni nobles chevaliers… Non, je vais vous narrer les hauts faits de Sainte-Étoile, l’escrimeur errant au passé trouble, persuadé de porter un monstre dans son crâne. De Maëve la morguenne, la sorcière des ports des Havres, qui voulait libérer les océans. De Wens, le clerc de notaire, condamné à l’enfer des mines et qui dans les ténèbres découvrit une nouvelle voie… Et de tant d’autres encore, de ceux dont le monde n’attendait rien, mais qui malgré cela y laissèrent leur empreinte. Et le vent emportera mes mots sur la steppe. Le vent, au-delà, les murmurera dans Bohen. Avec un peu de chance, le monde se souviendra.
Apollon, Papa Legba ou encore la fée Clochette : autant de croyances nées de l’imagination fertile de l’humanité… jusqu’à en devenir bien réelles. Invisibles aux yeux des humains, elles ont traversé les siècles, les influençant à leur insu pour survivre.
Cassandre est l’une d’elles. Solitaire, vivant dans la peur constante de disparaître, elle se tient à l’écart de ses semblables et préfère diriger son énergie vers Helene, l’autrice qui, grâce à sa série littéraire, lui permet de renforcer son existence dans le monde. Mais la mort de Robin des Bois vient tout bouleverser.
Seule contre tous, la presque-prophétesse est persuadée que quelqu’un cible les croyances et qu’aucune, aussi populaire soit-elle, n’est à l’abri. Sera-t-elle de nouveau condamnée à ne pas être écoutée ?
Près de deux ans ont passé depuis l’arrivée de Yuri en Keltia et le couronnement de Louis-Philippe en France. La tension est grande entre les deux territoires malgré les tentatives des ambassadeurs japonais et ottomans pour calmer les velléités belliqueuses du jeune roi d’un côté et la punition commerciale des Keltiens de l’autre. Lorsque la situation dérape, Yuri réalise qu’elle est la seule à pouvoir éviter au monde de basculer dans la guerre. Dans ce roman, on explore les charmes de Keltia, une utopie prônant de belles valeurs d’égalité et de tolérance, une société très humaniste où il fait bon vivre mais qui vient se heurter au reste du monde, englué dans son conformisme étriqué.
Auteur : Cuttlefish that loves diving (Ai Qianshui de Wuzei), Chinois
Premier volume de Lord of Mysteries, initialement publié comme Webnovel
Dark Gaslamp Fantasy / Horreur Cosmique
Couverture : OSSS
Traduction : Webnovel
In the storm of steam and machinery, who can achieve the extraordinary? In the fog of history and darkness, who whispers? When Zhou Mingrui wakes up bloody and dazed, he finds himself in a world of guns, factories, airships, and difference engines. But underneath the surface of all this industry, there exists a secret society revolving around potions, divination, sealed artifacts, and much more. As Zhou Mingrui tries to find out what brought him to this place, he quickly learns that mystery is lurking around every corner—and danger is never far behind! This is the legend of the Fool…
Tome 1/3 de la trilogie de l’Enfant de la marée, Fantasy d’aventures
Illustration : Edward Bettison
Traduction : Hermine Hémon et Erwan Devos
The Tide Child, book 1: The Bone Ships (2019)
Depuis des générations, les Cent Îles et les Iles Décharnées construisent leurs navires à partir d’ossements de dragons des mers et les ont chassés jusqu’à l’extinction. Si les dragons ont disparu, les tensions entre les deux nations autour de cette précieuse ressource ne se sont jamais apaisées.
Joron Bitord a été condamné à commander un vaisseau des morts, ces navires peints en noir dont l’équipage ne compte que des repris de justice, voués à semer la terreur et le chaos sur les mers des Cent Îles et des Îles Décharnées et à périr sur les flots.
Mais il n’a ni le respect de son équipage ni l’étoffe d’un meneur et se noie dans l’alcool, laissant péricliter son navire. Pourtant, son destin prend une tournure inattendue quand Meas la chanceuse lui ravit le commandement de l’Enfant de la marée en combat singulier.
Cette femme dure et sans pitié est animée par une mission secrète qui non seulement donnera une raison de vivre à l’équipage de parias sous ses ordres, mais les fera aussi entrer dans la légende.
Dans un monde inexorablement englouti par une brume remontant du passé, Keb Gris-de-pierre, berger de son état, a tout perdu. Maramazoe, guerrière renommée du peuple des mers, est une paria. Autrefois ennemis, ils arpentent ensemble les sentiers de montagne et les crêtes escarpées à la recherche d’une échappatoire, mais également de réponses… Quel qu’en soit le prix.
Narrant le destin poignant de deux héros que tout oppose, pris dans les ombres de leur passé et contraints de devoir sceller une alliance pour la survie de leur monde, La brume l’emportera captive de la première à la dernière page par sa voix singulière et son émotion vibrante.
Mon avis
Brume dissimulant des monstres dans The Mist de Stephen King (et révélant au passage les monstres qui sommeillent dans l’âme humaine), brouillard arpenté par des fantômes dans Fog de Carpenter, sans parler de la brume mystérieuse dans Fils-des-Brumes de Sanderson (dont je parlerai un jour, promis !), quand le monde que nous connaissons disparaît sous des volutes blanchâtres, c’est rarement source de joie et de volupté dans l’Imaginaire.
La brume du présent roman ne fait évidemment pas exception, même si elle se révèle plus ambivalente que ses homologues. Ici, elle dissout le monde pour mieux le restaurer dans une version antérieure, avec tous les bons et les mauvais côtés que ça implique.
Le premier point qui est intéressant dans ce roman, c’est sa narration assez atypique que j’ai trouvé particulièrement immersive. Keb, l’un des personnages principaux, est en effet l’unique narrateur, nous racontant littéralement l’histoire au coin du feu : à la première personne, dans un style assez oral, et « nous » interpellant régulièrement. Fatalement, ce procédé nous « spoile » en partie la fin du roman, mais ce n’est pas bien grave, c’est bel et bien le voyage et pas la destination qui compte ici.
Keb a tout perdu dans la brume. Sa ferme familiale, sa famille, même son enfant pas encore né… Malgré tout, il survie comme il peut, bien qu’il soit conscient que la fin est proche : la brume a presque tout grignoté, seuls les plus hauts sommets sont encore épargnés. Sa rencontre avec Mara, originaire d’un peuple ennemi avec le sien, va cependant tout changer, ramenant l’espoir mais aussi un profond dilemme, qui va constituer en la thématique principale de ce roman.
Cette thématique a beau être évidente (Et si vous aviez la possibilité de remonter le temps ? D’effacer vos erreurs, de faire des choix différents, de revoir des êtres disparus ? Même si ça implique un retour en arrière pour tout le monde, même si vous deviez effacer toute évolution… le feriez-vous ?), je n’ai pu que compatir avec Keb qui se voit imposer un tel fardeau. J’avoue que je me pose la question de temps en temps, et le choix est tout à la fois évident et extrêmement difficile.
Ainsi, on comprend très vite vers quoi le roman se dirige, que ce soit le choix de Keb ou le message général, ce qui n’atténue pas du tout l’intérêt du roman à mon sens, puisque l’intérêt principal réside dans le cheminement de Keb, que ce soit par rapport à la brume ou sa relation avec Mara (un personnage que j’ai adoré, sensible et forte à la fois). C’est d’ailleurs très riche en émotions diverses, sans jamais tomber dans le pathos, et malgré un début relativement lent et mélancolique, on a quand même régulièrement de l’action, et particulièrement dans sa dernière partie. Les descriptions sont à la fois très belles et visuelles, le « système de magie » à la fois simple et très bien pensé et exploité. On a aussi toute une mythologie autour des volcans, des liens, de la mémoire, et l’histoire réserve quand même une poignée de surprises.
Bilan
Un roman qui peut sembler lent et prévisible (même s’il l’est beaucoup moins qu’il n’y paraît, surtout dans son dernier tiers), c’est avant tout un voyage. Un voyage dans les montagnes, dans le passé, mais aussi introspectif, entre deuil, regrets, empathie et rédemption. Un voyage que j’ai, personnellement, fort apprécié, honnêtement, on n’est pas loin d’un coup de cœur.