Eden Fluide, Alexis Flamand

Eden Fluide (2025, ed. Leha)

Par Alexis Flamand, Français

Planet Opera, One shot

Couverture par Magali Villeneuve

Chronique dans le cadre d’un SP

Finn Bellami est le capitaine d’une équipe d’anomalistes, aventuriers chargés d’explorer les failles découvertes dans le tissu de l’espace profond. Habitués aux mondes étranges et aux lois physiques insolites, rien ne les préparait cependant à la découverte d’un univers maritime gigantesque, aux propriétés topologiques singulières, qui se referme sur les membres de l’expédition telle une prison sans barreaux. Car comment s’échapper d’une planète lorsque celle-ci ne possède pas de ciel ?

Mon avis

La Science-Fiction n’est pas mon genre favori – team Fantasy forever ! -, mais en général j’aime bien les Space et Planet opera, et surtout, celui-ci est signé Alexis Flamand, dont j’avais lu la trilogie Alamander sans rien en savoir, et qui m’avait tourneboulé le cerveau dans le tome 3. Fatalement, je ne pouvais que replonger. Je remercie d’ailleurs les éditions Leha de m’en avoir donné l’occasion en me faisant confiance avec un service-presse.

Et en parlant de plonger, Eden Fluide est un enfer liquide, y compris pour moi qui ai peur de l’eau, j’aimerais pas du tout atterrir là-bas, sauf que pas de bol, c’est exactement ce qui arrive à Finn et son équipe après qu’ils ont été missionnés pour explorer une anomalie dans l’espace. Et le problème n’est pas tant d’y atterrir, que d’en repartir, car l’équipage du Zélote comprend bien vite que c’est un énorme piège.

Et ils ne sont pas les seuls à s’être retrouvés coincés, c’est un véritable écosystème qui a fini par se créer, avec tout ce que ça implique de prédateurs aquatiques, mais aussi de « prédateurs » humains/aliens. Cet océan est un danger de tous les instants, y survivre une occupation à plein temps. Certaines scènes d’actions sont d’ailleurs particulièrement réussies, notamment tout le climax.

Mais c’est plus compliqué que ça. C’est un récit d’aventures maritimes, certes, mais aussi un récit d’énigmes et de réflexion, puisque cet étrange océan infini regorge de secrets, avec pas mal de rebondissements et de twists à la clé. Et ayant lu Alamander, c’est exactement ça que j’espérais de la part de l’auteur. Sauf que c’est un réel point d’intérêt qui ne va pas sans son revers. Déjà, je m’y attendais, donc je n’ai pas eu la tête tourneboulée comme pour Alamander, mais surtout, j’ai trouvé qu’il y avait trop de retournements, justement. On comprend très vite qu’il ne faut pas forcément faire confiance aux informations qu’on nous donne, sauf que dans le dernier tiers, je me sentais un peu lassée de tous ces twists, d’autant que certains ne m’ont pas parus suffisamment intéressants ou exploités.

Et le rythme effréné du roman participe beaucoup à ce sentiment, je pense, ne laissant guère le temps aux personnages et aux lecteurices de souffler. J’aurais apprécié qu’il ralentisse, ne serait-ce que pour me laisser le temps de mieux visualiser certaines scènes – qu’il m’a fallu parfois relire pour être sûre de comprendre ce qu’il se passait – ou d’apprécier un retournement. Le livre paraît épais, mais en réalité il se passe énormément de choses, je pense que je n’aurais pas été contre un peu plus de délayage. Après, que ce soit sur le rythme ou les retournements, c’est surtout une affaire de goût, et pas un problème en tant que tel.

Et puis bon, ça participe à rendre ce roman hautement divertissant, et un divertissement intelligent qui nous prend pas pour des méduses (pardon Gary), pour ne rien gâcher. Il est aussi très drôle, on sent bien la camaraderie dans les échanges des personnages avec des piques qui s’enchaînent et quelques running-gags. Un humour rarement très fin, voire franchement beauf par moments grâce à notre ami Gary la méduse, mais en ce qui me concerne, le récit a su rester parfaitement à la limite, donc je ne me suis jamais sentie « soulée ». (En plus, Gary m’a rappelé quelqu’un que je connais dans la vraie vie de la réalité véritable, et ça me fait franchement marrer d’imaginer cette personne en méduse rose. Je pense que beaucoup de gens connaissent un Gary).

Par ailleurs, l’amatrice de créatures et de monstres que je suis a été bien servie, que ce soit via une galerie d’ET plutôt sympa, décrits juste ce qu’il faut, et quelques créatures que j’ai beaucoup aimées, à commencer par l’hippocampe et… une certaine référence à une série de SF très connue que je ne nommerais pas pour vous garder la surprise, mais poussée beaucoup plus loin, pour un résultat à la fois fascinant et écœurant, dans le bon sens du terme (si, si, y’a un bon sens du terme).

Le roman n’oublie pas non plus d’être intelligent, comme je le disais, avec pas mal de notions scientifiques et de thématiques liées au libre-arbitre, à l’identité ou à la diversité, dans un univers où différentes intelligences terrestres, extra-terrestres voire artificielles se mêlent, pour le meilleur ou le pire, et parfois de façon littérale. (Et ouais, le corps humain, c’pas très bien foutu, suis bien placée pour le savoir^^).

Je finirais sur un chipotage qui n’a rien à voir avec l’intérêt du texte : les coquilles, qui ne sont pas très nombreuses surtout vu le nombre de pages, mais il y en a quelques unes assez voyantes et du coup je n’ai pas pu m’empêcher d’accrocher à 2-3 reprises.

Bilan

Eden Fluide, c’est pas toujours très fin, ça va à 420 nœuds tout le long si bien que j’aurais parfois aimé qu’on ralentisse un peu, mais on ne s’ennuie jamais, et surtout c’est fun, intelligent et inventif, avec un concept de départ fascinant qui est poussé jusqu’au bout.

Et je ne dis pas ça parce que y’a une méduse rose qui me regarde bizarrement depuis le début de ma rédaction, promis !

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

10 réflexions sur “Eden Fluide, Alexis Flamand

  1. Je lis peu de SF mais tu me l’as très bien vendu 🙂
    Dommage qu’il y ait peut-être un peu trop de twist mais le reste pourrait certainement me plaire que ce soit le côté aventures maritimes (mon dada), la galerie de monstres et créatures, le côté hautement divertissant…

    Aimé par 1 personne

    • Je lis peu de SF aussi, mais j’ai trouvé qu’il était quand même très accessible sur l’aspect scientifique, c’est avant tout un divertissement. Heureusement, quand j’ai commencé à me sentir lassée des twists, il n’y avait plus quelques petites révélations derrière, ouf^^

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