Strangers Things (2016-2025), Partie 1 : Ce que j’ai aimé dans la série (Spoilers)

Srangers Things (2016-2025)

Matt Duffer et Ross Duffer pour Netflix

Série de Science-Fiction Horrifique, terminée en 5 saisons

Trailer

Partie 2 : Ce que je n’ai pas aimé dans la série (Spoilers)

Quand je me suis posé la question de faire un article (ou non) à la fin de Stranger Things, je me suis demandé : sous quelle forme ? Il ne me paraissait pas très intéressant de proposer un avis saison par saison, vu que ce qui m’intéressait surtout, c’était les conclusions des différents arcs narratifs. En plus, difficile de parler de la série, et surtout de cette dernière saison… sans spoiler.

Le résultat s’est révélé être un article un peu foutraque et beaucoup trop long, que j’ai fini par couper en deux pour le rendre un poil plus digeste. L’idée n’est absolument pas de prouver que vous avez raison/tort d’avoir aimé/pas aimé cette dernière saison, je vous donne juste mon propre ressenti, les trucs que j’ai aimés, les trucs qui m’ont déçue, toussa. Cette première partie se concentre donc sur les points que j’ai aimés.

La discussion est bien sûr ouverte dans les commentaires, et une fois n’est pas coutume, faites vous plaisir sur les spoilers. Une seule règle, mais je ne doute pas qu’elle soit superflue : le respect, la bonne humeur, toussa (non parce que les débats étaient parfois houleux sur les réseaux… Les gens, c’est juste une série, hein.).

Pourquoi j’ai aimé cette série malgré ses défauts

Comme cet article est parti pour être beaucoup trop long, je vous propose direct la réponse à la question : « est-ce que t’as aimé la Saison 5 ? » => Oui. J’y ajouterai quand même un grand MAIS sur lequel on va revenir tout le long (et en en particulier dans la 2e partie qui sera publiée un peu plus tard), même si l’article n’est pas uniquement centré sur la Saison 5, parce qu’il y a quand même des trucs que j’ai trouvés vraiment peu satisfaisants, et je comprends complètement les gens pour lesquels la balance a penché du côté du « non » et qui se sont retrouvés déçus par ce final. De mon côté, j’ai été beaucoup émue par cette série, et notamment par la Saison 5, ce qui a joué en sa faveur malgré ses défauts.

Le lore est assez fascinant, il y a de l’humour, de l’action, des monstres, des personnages aux petits oignons, du mystère, des ambiances différentes à chaque Saison (oui, je mets ce point en positif, en ce qui me concerne en tout cas), et surtout beaucoup d’émotions et des thématiques qui m’intéressent et me parlent.

Voilà pour le résumé, maintenant si ça vous intéresse, on va détailler un peu tout ça :

Ce que j’ai aimé dans la série

Le lore et l’ambiance

Le lore, il est vrai, n’est jamais aussi intéressant que dans sa première Saison : plus on en apprend, plus on réunit de pièces du puzzle, moins il devient inquiétant. Dans la première saison, on ne sait rien, on ne comprend pas ce qu’il se passe ni pourquoi, à l’instar de ces pauvres gamins qui se retrouvent contraints de plonger dedans. Il reste des bricoles pas trop expliquées, mais au fond, la plupart du temps, ce n’est pas gênant pour la compréhension et l’appréciation.

Les magouilles de l’armée et les scientifiques en roue libre, ça n’a rien de vraiment original, mais ça convient bien à cet univers implanté dans les années ’80, et qui rappelle un peu les films de cette époque. J’aime aussi beaucoup les changements d’ambiance entre chaque saison, qui permet à la série de se renouveler et de proposer un écho à différents types de films. Et j’en ai déjà parlé, j’aime beaucoup ce mélange de mystère, de drame, de surnaturel, d’humour, d’action etc.

J’aime aussi beaucoup cette idée que ces enfants apposent des concepts issus de Donjons et Dragons sur ce qui leur arrive, afin de donner un sens à ce qui n’en avais pas, et ainsi obtenir des clés pour y faire face. Et même si l’univers est de moins en moins flippant, comme je le disais, j’aime beaucoup chaque nouvelle pièce qui y est rapportée, jusqu’à la découverte finale que j’ai trouvé hyper intéressante : le monde à l’envers est juste un passage étroit et instable vers un monde bien plus vaste.

Et au passage, si la dimension jeu de rôle vous intéresse, je vous propose cet article de Scriipt : Rejouer à D&D comme dans Stranger Things ?

Les personnages

Will

L’un de mes personnages préférés depuis le début et jusqu’à la fin. Tout son arc narratif est une métaphore d’abus sur enfant, de ses conséquences qui s’ajoutent à une personnalité considérée comme marginale, et c’est d’ailleurs l’un des trucs qui m’a déçue dont on reparlera dans la 2e partie, ce personnage aurait tellement « mérité » sa happy end ! Mais je m’arrête là pour Will, parce qu’on va reparler de lui dans les thématiques de la série.

Dustin

Bon, déjà, c’est très chouette et pertinent par rapport aux thématiques de la série de proposer un personnage handicapé, et encore mieux : joué par un acteur ayant le même handicap que le personnage (et j’ai cru comprendre que le rôle a été réécrit pour pour coller à l’acteur sur ce point). Acteur qui s’est révélé vraiment talentueux, il a des scènes vraiment émouvantes notamment dans la saison 5 (le crevage d’abcès avec Steve et le discours final ❤ Il m’a fait pleurer les deux fois). J’aime aussi beaucoup le fait que le personnage handicapé soit le plus intelligent du groupe, sans que ce soit mis en avant (et question représentation, son handicap n’est pas oublié, il est mentionné plusieurs fois, sans que le personnage ne soit réduit à ça). D’ailleurs, l’arc du deuil en saison 5 est vraiment bien écrit je trouve, et sa relation fraternelle avec Steve, aussi improbable qu’elle soit à la base, et vraiment l’une des meilleures de la série.

Lucas

Je sais que le personnage est parfois considéré comme un rabat joie, notamment à cause de son attitude méfiante envers El dans la Saison 1, mais personnellement, je trouve qu’il n’avait pas tort et qu’il s’est toujours montré au contraire rationnel et intelligent, sans compter qu’il est toujours prêt à reconnaître ses torts. J’aime aussi beaucoup son arc dans la Saison 4, comme je le disais. A force d’être discriminé voire harcelé, il tente une nouvelle approche : le conformisme. Et je ne peux que le comprendre, puisque j’ai tenté aussi cette approche en mon temps. Malgré tout, malgré son désir d’inclusion et de « normalité », il reste fidèle à ses amis et à ses idéaux. J’aime aussi beaucoup son attitude envers Max durant sa dépression, lui laissant du temps et de la distance, mais tout en se tenant prêt à la rattraper et à la soutenir. Son arc n’évolue plus vraiment dans la Saison 5, mais sa relation avec Max est vraiment touchante dans cette dernière.

Et ouais, on va pas parler de Mike, le 4e luron, dans cette partie des trucs que j’ai aimés, on va plutôt en parler en partie 2.

Steve

LE chouchou qu’on attendait vraiment pas. Pas franchement sympathique en 1ère saison en sa qualité de jeune c** privilégié, et en fin de compte, l’un des personnages favoris de tout le monde. Malgré sa position sociale, son personnage est bien plus nuancé qu’il n’y paraissait, en grande partie grâce au charisme de l’acteur (son personnage était censé mourir en saison 1, mais l’acteur a fait l’unanimité et son arc narratif a été réécrit). Il a de l’argent, certes, mais ses parents ne semblent pas franchement présents, et il finit par se retrouver plus à l’aise avec la bande de gamins marginaux qu’avec les ados populaires. J’adore le fait qu’il aide les autres sans y penser une seule seconde (genre Dustin dans la 2e saison, alors qu’il le connaît à peine à ce moment-là), j’adore ses réactions lors du CO de Robin et de sa rupture avec Nancy. Il accepte juste les choses comme elles sont sans rager et se révèle un vrai soutien pour les autres. Maladroit, mais très empathique. La fin de son arc est aussi bien pensé, lui qui devient coach pour des gamins alors que ses propres parents semblaient penser que l’argent suffisait. Bref, Steve forever.

Robin

J’aimais déjà beaucoup Robin dans la Saison 3 (qui se retrouve mêlée à ce foutoir parce qu’elle s’ennuyait au boulot au point d’accepter de craquer un code secret russe, si elle avait su T_T), mais je l’ai aimée encore plus à partir de la Saison 4. Même si le mot n’est jamais prononcé, elle semble avoir été écrite comme un personnage neuroatypique, et ça fait du bien parfois de se voir un peu représenter. J’aime aussi beaucoup son rôle de « mentor » de Will dans la Saison 5, ainsi que sa relation avec Steve, même si on ne les voit pas beaucoup ensemble dans la S5, malheureusement. Par contre, on va aussi reparler d’elle en partie 2…

Nancy

Nancy est l’un des personnages dont j’ai le plus aimé l’évolution. De jeune fille « sage » de bonne famille, de femme qui prend conscience des limites imposées par le patriarcat malgré son désir de montrer sa valeur, à héritière de Ellen Ripley, flingues inclus (et ça m’a un peu fait marrer que la saison 5 lui démontre que, oui, les flingues c’est bien, mais on ne peut pas tout régler en tirant dessus^^), et je suis contente que les scénaristes aient finalement décidé de ne la caser ni avec Steve, ni avec Jonathan. Beaucoup aimé la façon dont les ruptures ont été gérées, d’ailleurs, en particulier celle avec Jonathan qui montre qu’on peut aimer la personne mais pour autant, réaliser que le couple amoureux ne fonctionne pas. C’est d’ailleurs l’une des thématiques intéressantes de cette série : il existe plusieurs sortes d’amour, et parfois, aimer quelqu’un signifier lea laisser libre. Et j’ai aussi aimé comment son arc a été géré par rapport à Barb’, son isolement quand personne ne la croyait, sa culpabilité, puis la force que ça lui a conféré pour éviter que ça n’arrive à quelqu’un d’autre.

Max

Un autre personnage que je trouve très intéressant, notamment par rapport à sa dépression et sa cause. J’aime beaucoup sa relation avec Lucas et la saison 4 lui offre une scène particulièrement puissante.

Henry

L’acteur est quand même phénoménal, et il arrive à être beaucoup plus angoissant que sa version « monstrueuse » de Vecna. C’est dommage qu’une partie de son arc soit décrite dans une pièce de théâtre que nous n’avons pas, mais le personnage reste très intéressant, un ancien enfant abusé qui devient abuseur à son tour, et qui refuse la rédemption alors qu’une de ses victimes la lui propose, sans doute parce qu’il est malheureusement allé trop loin.

Joyce et Karen

J’aime beaucoup ces deux personnages, que ce soit Joyce que personne ne croit mais qui ne lâchera rien pour sauver son fils, ou bien Karen, consciente des choix de vie qu’elle a fait et qui pousse ses enfants vers une vie meilleure, en particulier Nancy (là encore, par rapport au parcours de sa mère, c’était assez logique de rendre Nancy célibataire à la fin de la série, je trouve). Alors, oui, concernant Karen, ses exploits à l’hopital sont peu crédibles, mais perso, j’aime quand même beaucoup cette scène^^

Hopper

Alors, entendons nous bien : je n’ai jamais aimé le personnage de Hopper. Il est autoritaire, souvent désagréable et peu compréhensif envers les autres personnages, en particulier sa fille adoptive, et même avec Joyce, il n’est pas franchement sympa. Par contre, j’aime bien la conclusion de son arc narratif. Il a perdu sa première fille et se sent responsable de son cancer, et tout le long de la série, il se montre excessivement protecteur envers El, jusqu’à l’étouffer complètement. Mais à la fin de la série, il manifeste un deuil beaucoup plus… serein ? Je ne sais pas si c’est le bon terme, mais en tout cas, il a suffisamment évolué pour réussir à accepter cette situation (et que El soit réellement morte ou pas ne change rien, ça reste une disparition).

Les personnages secondaires

La série est aussi très riche en personnages secondaires très fun qui, s’ils ne disposent pas d’arcs narratifs poussés, sont vraiment des incontournables et participent beaucoup aux émotions de la série. Que ce soit les regrettés Bob, Eddie, Alexeï ou même Barb, Erika aka Lady Applejack qui est formidable, M. Clark, Muray ou Derek l’Enchanteur.

Les thématiques

Pour moi, et je pense que ça joue aussi sur la façon dont chacun va réceptionner cette série, c’est que ce n’est pas une série d’horreur, ni même une série orientée popculture et nostalgie des années ’80 (enfin si, bien sûr, mais à mes yeux, ce n’est pas le cœur du propos. Là encore, je ne dis pas ça comme une vérité, mais c’est la façon dont moi j’ai regardé cette série.).

C’est vraiment une métaphore même pas subtile sur la marginalisation de certains groupes de personnes, sur les traumas, sur les abus physiques et psychologiques portés sur les enfants (je veux dire, ce que Will a subi est pas loin du v*ol, l’intention est juste différente, mais il n’y a évidemment pas que ça), les difficultés relationnelles quand on est différent et tout ce que ça implique, la dépression, les familles toxique, le harcèlement, comment grandir et s’accepter quand on est différent, les difficultés à faire sa place quand on est une femme et/ou différent… etc. Bref, vous voyez l’idée.

Parce qu’au niveau de ses thématiques, cette série m’a beaucoup parlé d’un point de vue émotionnel personnel. A différents moments et pour différentes raisons, je me suis en particulier reconnue dans 4 personnages, même si les contextes ne sont pas les mêmes, les mécanismes en revanche sont assez proches.

Dans Will, bien sûr, qui a l’intuition d’être différent sans comprendre vraiment pourquoi, qui est traité par ses camarades comme quelqu’un de différent, et qui, le jour où il comprend, doit parvenir à s’accepter, à embrasser cette identité, et à s’en ouvrir à ses proches. Will aussi qui voit ses amis avancer, nouer des relations amoureuses, alors que lui semble bloqué dans l’enfance, et qui voit ce fossé grandir jour après jour entre lui et les autres.

Dans Robin, qui manifeste des traits neurodivergents, à qui l’on a toujours fait sentir qu’elle était trop ou pas assez, qui a du mal à saisir les codes sociaux et à comprendre les gens, qui a l’intuition d’agacer les autres mais sans savoir comment changer la situation, qui essaie de nouer des amitiés sans vraiment réussir.

Dans Lucas, qui en a assez d’être marginalisé et qui tente de se conformer aux attentes populaires, quitte à renier sa propre identité , mais sans pour autant se sentir à l’aise avec les autres malgré son « sacrifice ».

Dans El qui, un peu comme Robin mais pas pour les mêmes raisons, doit apprendre à construire ses relations avec les autres mais sans avoir le mode d’emploi et qui, pour feindre une vie normale et rassurer ses proches, parle de ses ami’es qui ne sont au mieux que de simples connaissances.

De façon générale, il y a plusieurs scènes, au-delà des scènes épiques ou humoristiques, qui m’ont émotionnellement marquée. Le CO de Robin à Steve et la géniale réaction de celui-ci, le CO de Will, à la fois éprouvant et libérateur, Robin qui pête un câble à cause de ses vêtements qui grattent, la réconciliation de Dustin et Steve, la rupture entre Nancy et Jonathan qui comprennent qu’on peut s’aimer sans être dans une relation amoureuse, Henry qui refuse le choix qui lui est offert, et surtout tout l’épilogue, entre l’hommage de Dustin à Eddie ou l’au-revoir de chacun à son enfance, qui m’a d’ailleurs rappelé un moment très similaire de ma propre vie. .

La série montre aussi que malgré les traumas, malgré les souffrances, on peut quand même avancer, même si on ne guérit pas forcément. Elle montre aussi que oui, un entourage fort et empathique peut faire toute la différence. Et c’est quand même très intéressant, et pas si fréquent, je trouve, qu’autant de protagonistes se situent « à la marge », si vous me pardonnez l’expression.

Bref, j’ai beaucoup pleuré durant la saison 5, et surtout devant cet épilogue. Je sais que des gens l’ont trouvé trop long, c’est sans doute l’une de mes séquences préférées de la série. Puis pour une fois qu’on a un épilogue digne de ce nom avec une histoire qui ne s’arrête pas dès l’objectif atteint, perso, je prends !

Et je crois que c’est pour ça que je continue à aimer cette série, y compris cette saison 5, malgré ses défauts. Pour toutes les émotions qu’elle m’a offertes tout le long.

Mais donc, les défauts… on va en parler dans la 2e partie de cet article.

Avant de vous quitter, un article en anglais que j’ai trouvé très intéressant : We are the Stranger Things

Et vous, qu’avez-vous aimé dans cette série ? De quel côté a penché votre balance personnelle après le visionnage de la saison 5 ?

Tu as lu l’entièreté de cet article interminable ? Bravo ! Tu as gagné l’image d’un demodog qui offre un coeur à une licorne !

2 réflexions sur “Strangers Things (2016-2025), Partie 1 : Ce que j’ai aimé dans la série (Spoilers)

  1. Excellent article, j’ai hâte de lire la seconde partie !(Le fait que tu n’aies pas parlé de Mike et d’El ici me laisse penser que nous avons en partie les mêmes points négatifs…) En revanche, je te rejoins sur les qualités de cette série. Même si, à chaque saison, j’ai pu lui trouver des longueurs, elle a été riche en moments intenses émotionnellement parlant (de ceux que je pourrais voir et revoir parce qu’ils m’ont parlé ou fait vibrer pour les personnages). Personnages aux évolutions souvent touchantes et intéressantes.

    Aimé par 1 personne

    • En effet, Mike et El figurent malheureusement dans la seconde partie (que j’ai programmée le 13 février).

      Et sinon, c’est complètement ça. Malgré tous ses défauts, les émotions qu’elle m’a fait éprouver valent sans problème le détour et le re visionnage de chacune des saisons.

      (Et félicitations d’être arrivée jusqu’au bout, ce double article m’a pris une éternité à écrire XD)

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