[Livres sur l’écriture] Comment écrire de la Fiction ? 65 maladresses des jeunes manuscrits, Lionel Davoust

Comment écrire de la Fiction ? 65 maladresses des jeunes manuscrits (2026, Editions Argyll)

Lionel Davoust, Français (Australien ? 😉 )

Essai sur l’écriture

Couverture : Xavier Collette

En art, l’erreur n’existe pas. Il n’y a que des techniques mal maîtrisées, des maladresses dues à des usages inadaptés.
Les 65 difficultés abordées ici ont été observées dans les manuscrits de jeunes auteurices au fil d’une vingtaine d’années consacrées aux travaux d’écriture, lors de collaborations éditoriales, d’échanges en ligne, de conférences ou d’ateliers.
L’expérience démontre que les mêmes typologies de problèmes se reproduisent chez la grande majorité des écrivain·es, quand bien même chacun·e ont des forces et des faiblesses différentes.
C’est à l’aune de ce constat que s’est construit cet ouvrage, conçu pour vous permettre de comprendre ces maladresses, les analyser et vous donner des outils susceptibles de vous aider dans votre pratique de l’écriture.

Mon avis

Mine de rien, ça commence à faire pas mal d’années que j’écris, maintenant (ouais, non, n’escomptez toujours pas lire quoi que ce soi de moi en ligne en dehors de mes avis lectures), pourtant j’aime toujours autant lire les essais sur l’écriture et autres guides de conseils. Même si je n’ai plus l’impression d’y apprendre grand chose (de la théorie à la pratique, il y a cependant un fossé, malheureusement), mais on n’est jamais à l’abri d’une découverte, d’une évolution, ou tout simplement d’une piste de réflexion. En plus, je ne sais pas vous, mais un bon essai sur l’écriture me donne toujours envie de m’y remettre après un passage à vide.

Si le premier ouvrage de Lionel Davoust dans la collection Comment écrire ? était avant tout un essai réflexif sur l’écriture, celui-ci se présente davantage comme un guide pratique. Les 65 fiches, regroupées sous 5 thématiques plus ou moins connectées, sont toujours rédigées de la façon suivante :

  • Une partie fictive avec la maladresse traitée dans la présente fiche
  • L’exposition deladite maladresse
  • Des pistes pour essayer de la résoudre
  • Un rappel que des fois, ce n’est pas une maladresse mais une technique à part entière si vous savez comment et pourquois vous l’utilisez

Cette façon de procéder rend le guide à la fois ludique et vraiment fonctionnel. Les parties fictives sont franchement drôles (à quand la version longue des aventures de Jean-Eudes et Ultrogothe ?), et c’est toujours intéressant d’essayer de repérer soi-même la maladresse avant de lire la fiche, histoire d’aiguiser son oeil. Quant à la fiche elle-même, elle ne propose pas de solution toute faite, mais plutôt des pistes de réflexion et d’amélioration. J’ai aussi beaucoup apprécié la nuance, puisqu’une maladresse n’est parfois une maladresse que parce que le procédé n’est pas utilisé en toute conscience.

D’ailleurs, les fiches elles-mêmes sont à la fois bien expliquées ET drôles, ce qui les rend particulièrement agréables à lire.

Ce guide vise avant tout les écrivain’es débutant’s, mais les rappels ne sont jamais inutiles. Je n’aime pas annoter les livres, mais franchement, je me tâte à en acheter un second, histoire d’en garder un propre et d’en utiliser un autre pour le travail. Il ne réinvente certes pas la poudre (en même temps, les outils dans la boite ne changent pas des masses), mais ça m’a donné quelques pistes pour (ré)aborder mes corrections en plus d’une réelle envie de me remettre les mains dans le cambouis.

Bilan

Comme tout guide de conseils bien fait, il s’agit davantage d’une boite à outils plutôt qu’un règlement. On vous présente le marteau, le tournevis et la perceuse, on vous explique à quoi ça sert, quels sont les effets produits, et si vous avez déjà monté un meuble, vous savez que le cruciforme sera adapté au meuble A, mais qu’il faudra mieux une bonne perceuse pour le meuble B. Les deux peuvent être utiles, mais ils n’ont pas les mêmes usages et peuvent parfois être contreproductifs, surtout si vous ne savez pas les utilisez (désolée pour la métaphore, j’aide mon père à monter mes propres meubles en kit depuis le début de l’année, ausecourssortezmoidelà !).

Bon, je vais lancer la pétition pour un Lionel Davoust avec une couronne de moine.

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

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