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Vous avez un manuscrit prêt ? Vous êtes disposé.e à affronter le vaste monde et l’édition professionnelle pour donner à vos écrits une vaste diffusion auprès du public ? Cet épisode détaille le déroulement du processus, à travers un fil conducteur développé en cinq points par Laurent, et où Mélanie et Lionel interviennent, en rappelant toujours l’importance de la patience, et celui de cibler les éditeurs susceptibles de publier son travail à travers une réflexion et une veille. (Blog de Lionel Davoust)
Et dans la suite de l’article la transcription de l’épisode. N’hésitez pas à intervenir dans les commentaires pour évoquer votre expérience !
S03E04 : Soumettre un manuscrit
(Transcription : Symphonie ; Relecture et corrections : Plokie)
Vous écoutez Procrastination, Saison 3 Épisode 4 : Soumettre un manuscrit
Podcast sur l’écriture en 15 minutes.
Parce que vous avez autre chose à faire.
Et qu’on n’a pas la science infuse.
Avec les voix de : Mélanie Fazi, Laurent Genefort et Lionel Davoust.
Lionel Davoust : Alors voilà, vous avez fini l’œuvre de votre vie…
Laurent Genefort : Ouf !
LD :… ou l’une des œuvres de votre vie. Vous avez fait lire ça à votre Maman et à votre petite sœur et c’est « trop bien ». Et donc maintenant il est temps de se confronter au vaste monde et peut-être de viser une publication et qui sait ? Après le champagne, l’argent et les vacances aux Seychelles. Astuce : ça ne se passe pas nécessairement comme ça. Avant tout, il faut envoyer le manuscrit à quelqu’un qui soit susceptible de le publier – c’est une des règles de Robert Heilein si je ne me trompe pas. Et donc, on va parler de cette soumission et de ce processus de décision pour comprendre un peu comment ça marche, comment ça se passe, et quels conseils on peut donner.
LG : Alors je crois qu’en préambule, on peut dire que l’écriture, c’est un métier où l’on est globalement peu évalués et où la compétition est à peu près absente. À mon niveau personnel, n’ayant pas l’esprit de compétition, c’est une des raisons pour lesquelles j’ai fait ce métier. Mais la soumission du texte fait exception, on peut dire que c’est une épreuve.
LD : Oui. Si on a un entourage un tant soit peu bienveillant, on n’est pas forcément préparé à la marche qu’il peut y avoir pour entrer dans l’édition professionnelle ou semi-professionnelle, et ça peut être un peu long – mais on en parlera – pour réussir à percer le cas échéant il faut faire preuve de persévérance, je pense qu’on ne le répètera jamais assez. Et donc on va parler plus précisément de la manière dont ça se passe techniquement.
LG : Alors, en fait chronologiquement on peut dire qu’il y a cinq points et on va les prendre un par un.
Le premier point, et l’un des plus importants, ce qui va vous éviter de perdre du temps, surtout, c’est sélectionner l’éditeur.
Mélanie Fazi : Ça, je pense qu’absolument tout le monde est d’accord, c’est le conseil fondamental. Ce n’est pas seulement sélectionner, c’est cibler. Je pense que le terme vraiment important c’est : cibler. Vous parlez à n’importe quel éditeur, ils ont tous des histoires de livres de cuisine envoyés à des éditeurs de polars ou des trucs absurdes…
LD : Et ils en ont énormément, c’est ça qui fait peur.
MF : Et en fait, ce qui fait baisser le chiffre de l’acceptation, on dit tout le temps « le nombre de manuscrits acceptés sur ce qu’on reçoit c’est, je ne sais même plus, c’est 1 % ?
LG : C’est 1 % et 1 pour mille qui sont édités.
MF : Pourquoi c’est 1 % ? Parce que dans le tas il y a très peu de choses qui sont publiables et correspondaient à ce que l’éditeur fait.
LG : À la ligne éditoriale, quoi.
MF : Alors, quand on dit cibler, qu’est-ce que c’est ? Par exemple, demandez-vous votre livre… Est-ce que déjà c’est, par exemple, un livre de genre ? À quel genre il appartient ? À quel sous-genre ? Par exemple, si c’est de la Science-Fiction, est-ce que c’est du steampunk, de l’uchronie, de la Hard Science-Fiction ? Demandez-vous s’il y a déjà des éditeurs qui publient le genre de choses que vous écrivez.
LG : Voilà.
MF : C’est regarder déjà qui publie quoi si vous n’avez pas trop d’idée, et essayer de sentir qui pourrait être dans ce style.
LG : Alors en fait c’est un véritable travail. Parce que d’abord ça sous-entend qu’on a une certaine connaissance du milieu éditorial au sens de savoir quelle est la ligne éditoriale de tel ou tel éditeur. C’est une manière déjà de choisir les écrivains, parce que quelqu’un qui va savoir à qui il s’adresse, ça veut dire que c’est déjà quelqu’un qui lit. C’est aussi une manière de voir quels sont les écrivains qui lisent, qui ont une certaine connaissance de ce qui se fait, tout simplement. Et l’erreur, je crois, pour un écrivain débutant, c’est d’arroser les éditeurs sans aucune discrimination en misant « sur un malentendu ça peut marcher ».
(Rires)
LD et MF : Et ça ne marche pas.
LG : Ça ne marche jamais.
LD : Oui, c’est indispensable – alors, nous on est dans le domaine de l’Imaginaire – mais c’est un véritable travail de veille. Un écrivain qui a des velléités professionnelles, c’est un indépendant, et dans le travail de l’indépendant, il y a la veille : qu’est-ce qu’il se fait dans mon domaine, qui publie quoi, quel(s) genre(s)… Parce qu’on parle par exemple de Fantasy, mais de la Fantasy il y en a plein. Donc quelles sensibilités se retrouvent chez les éditeurs, et donc à quoi correspond ce que je fais ?
LG : Et puis tout simplement, ça va vous éviter d’avoir la déception des refus en série, et puis vous ferez gagner du temps aux éditeurs aussi.
MF : J’ai envie de préciser, je disais il y a les questions de ligne éditoriale, de sensibilité, de genres, il peut aussi y avoir des questions de format, par exemple. Certains éditeurs vont publier des textes très courts, avoir des collections dédiées à des textes très courts, certains vont publier des sagas… On n’adresse pas tout à fait les mêmes textes aux mêmes éditeurs selon ça.
LG : Ce qui nous amène sur le deuxième point, qui est d’aller sur le site web. Une fois qu’on a par exemple choisi trois éditeurs, on va dire l’Atalante, Denoël et puis Folio. Eh ben on va sur le site de l’Atalante, sur le site de Folio et sur le troisième site…
LD : Denoël.
LG : (rires)… pour connaître les règles de soumission. Parce qu’en fait, les éditeurs sont très conscients de ça, eux non plus n’ont pas envie de perdre du temps, et donc chez la plupart des éditeurs on a sur leur site des pages de contact, des pages qui sont adressées à l’écrivain désirant soumettre un manuscrit, et là il y a les desiderata des éditeurs.
LD : À respecter comme la Bible – enfin, ou en fonction de votre sensibilité, à respecter comme les Tables de la Loi. C’est gravé dans le marbre, on n’y déroge pas.
De la même manière, comme tu disais tout à l’heure Laurent, sur un malentendu, ça ne passera pas non plus de déroger à ces règles-là. S’ils demandent ces règles-là – par exemple ça peut être « on veut les 50 premières pages » ou alors « on veut trois chapitres » ou alors « on veut le bouquin entier, on le veut sous tel format » – il faut les respecter absolument parce que c’est une manière pour l’éditeur de gagner du temps. Donc ça permet soit d’avoir une réponse plus vite, plus rapide, et aussi il arrive que des manuscrits qui dérogent trop aux règles de soumission soient refusés, retoqués d’entrée, parce qu’ils n’ont pas le temps de s’embêter avec des trucs qui ne respectent pas les règles qu’on demande.
MF : Je dirais que ça donne aussi une impression de professionnalisme, je pense, qui est très importante, parce qu’on ne vend pas simplement le livre, on vend la future relation de travail qu’on a avec l’éditeur.
Et je voulais préciser un petit aparté, des exceptions à la ligne éditoriale peuvent arriver, c’est quelque chose qui se produit – personnellement ça m’est arrivé plusieurs fois – mais c’est quelque chose qui se produit au fil des rencontres, qui se produit en général plus tard, au fil des rencontres ou d’échanges, on parle d’un projet à un éditeur et il est intéressé. D’entrée de jeu on part sur une impression négative si on essaie de forcer, si on écrit délibérément pour essayer de provoquer l’exception, on se grille totalement.
LD : Oui, parce qu’on parle des soumissions non sollicitées. Je ne l’ai pas dit en préambule, mais c’est implicite, ça fait partie du sous-texte comme on disait dans un autre épisode.
LG : Donc, adaptez votre manuscrit pour la présentation. Alors, quand il n’y a pas d’indications, on peut dire que par défaut et en règle générale, vous formaterez votre texte en Times New Roman taille 12 pour la casse et la taille du caractère, en interlignes 1,5. Voilà, c’est tout.
LD : Des marges un petit peu confortables, ça peut aider.
LG : Des marges normales, mais celles qui sont par défaut quand on crée un fichier Word…
LD : Oui, ça va.
LG : Et en cas d’impression, si vous imprimez le texte – mais maintenant de plus en plus d’éditeurs refusent les textes imprimés et veulent des textes qui leur parviennent par mail – ne reliez pas et imprimez uniquement en recto.
MF : Et dans le cas d’un texte imprimé effectivement uniquement en recto, un texte imprimé non relié, personnellement j’ai tendance à systématiquement re-préciser mon nom et le titre en bas des pages.
LD et LG : Oui.
MF : Et avoir bien le numéro des pages.
LD et LG : Et numérotez les pages, bien sûr.
MF : Toujours penser au risque qu’une page s’envole.
LG : Et en cas de fichier, privilégiez le format .doc, qui est le format Word, mais sinon la plupart des formats habituels – jusqu’au PDF, même – mais voilà, .doc ça permet que l’éditeur puisse le manipuler comme il le veut.
LD : Mais pas de format trop exotique, déjà le format. odt ça ne fonctionne pas toujours très très bien, et le format. pages – même si j’aime beaucoup le format. pages – là ce n’est même pas la peine.
LG : Odt étant le format de LibreOffice.
LD : De Libre et OpenOffice, voilà.
MF : De la même manière, on parlait de la présentation et de la typo, essayez de rester clairs et simples, et surtout, ne pas s’amuser à faire des effets de typographie ou aller chercher des polices un peu exotiques, là pareil on se grille complètement.
LD : Tout à fait, ce qui compte, c’est la lisibilité. Pourquoi est-ce qu’il y a un interligne 1.5, j’entends parfois des auteurs qui me disent « ouais, mais c’est moche » on est d’accord, un bouquin n’est pas mis en page comme ça, c’est juste une question de confort de lecture et potentiellement pour pouvoir annoter le cas échéant.
LG : Oui, puis ça permet à l’éditeur, quand c’est imprimé, de voir grosso modo la taille du texte, ce genre de choses en fait.
Une fois que vous avez votre texte qui est formaté, il faut en général une lettre ou un mail d’accompagnement, et ça, c’est un des trucs importants sur lesquels on va s’appesantir un peu. Le but est de deux choses : d’abord il est informatif, c’est aussi une marque de politesse, c’est « je m’adresse à vous éditeur ». Et ça veut dire que vous vous préoccupez d’être lus au-delà du pitch, du contact, de l’intention, ce que vous allez mettre dans le contenu de votre lettre, au-delà des éléments il y a les formes.
LD : Oui, là aussi c’est un reflet et une question de professionnalisme, tout simplement. C’est toujours une bonne idée de ne pas partir du principe qu’on est génial – même si on est génial – ce n’est pas interdit d’être poli.
MF : Et ne pas vendre le bouquin en disant « c’est entre Le Seigneur des Anneaux et Dune » et « c’est le nouveau » je ne sais pas quoi, car là pareil on se grille d’entrée. Et de manière générale, ne pas essayer de faire trop original, essayer de faire simple, d’être clair, de communiquer, mais ne surtout pas essayer de viser quelque chose de trop original ou trop prétentieux.
LD : Rapidement, qu’est-ce qu’on met dans une lettre d’accompagnement du coup ?
LG : D’abord on commence par ses coordonnées.
MF : Oh oui !
LG : Ben oui, c’est tout bête : nom, prénom, adresse, mail, téléphone. Après le pitch. Le pitch, c’est donner envie de lire, c’est-à-dire…
LD : L’histoire.
LG : Qu’est-ce que raconte votre bouquin en deux-trois phrases. C’est l’histoire de. C’est donner envie de lire.
LD : C’est important, je pense qu’on fera un épisode sur le synopsis et le pitch, mais ce qui est important, c’est l’histoire. Fréquemment pour les pitchs de l’Imaginaire, on entend « c’est un monde qui » non, c’est « l’histoire de » avant d’être « un monde qui ».
LG : Voilà. Donc en fait, vous avez un pitch qui, vraiment, je dirais presque en une phrase, que vous pouvez mélanger avec l’intention, pareil, en une phrase ou deux. Là vous pouvez faire un court résumé où vous pouvez spoiler, mais c’est mieux de laisser la fin en suspens, je pense, quand même. Là, pour le coup on est dans l’information. C’est un paragraphe d’à peu près 500-600 signes. Et puis terminer par une formule de politesse, puisqu’un livre c’est certes une aventure éditoriale, mais c’est aussi une aventure de personnes, c’est-à-dire vous et l’éditeur.
LD : Tout à fait, ce n’est pas parce qu’on écrit des bouquins qui peuvent être pile dans la ligne éditoriale, s’il n’y a pas aussi une bonne relation d’entente professionnelle, ça ne peut pas marcher.
LG : En tout cas la lettre ne doit pas dépasser une page, je pense qu’on est tous d’accord là-dessus.
LD : Ouais.
LG : Et l’équivalent dans un mail, c’est-à-dire entre 1200 et 1500 signes, ce qui est très bien juste pour une lettre d’accompagnement. Et après, c’est le texte qui va parler pour vous.
LD : Un truc tout bête, c’est qu’il est très facile de se faire avoir sur la longueur d’un mail, donc le cas échéant essayez de le passer sur un téléphone. Ça peut permettre de mieux se rendre compte qu’en fait on a écrit un pavé et qu’on ne s’en rendait pas compte sur son ordinateur.
LG : Voilà, hop ! vous cliquez sur « Envoyer » (rires), et après cette phase-là, eh bien la dernière phase, qui est d’être patient…
LD : Oh, oui !
MF : L’épreuve suprême.
LG : Voilà. Parce que l’édition est une école de patience avant tout.
MF : Petit aparté, ne pas relancer l’éditeur tous les jours si vous n’avez pas de réponse au bout d’une semaine. Parfois les éditeurs donnent un délai dans lequel ils vont répondre – pas tous, mais certains l’indiquent dans les consignes dans leur site –, et je suppose que s’ils dépassent de beaucoup le délai on peut se permettre timidement de demander, mais n’envoyez surtout pas un mail tous les jours pour dire « alors ? alors ? ».
LD : Surtout, n’appelez pas les gens sur leur téléphone personnel.
(rires)
LG : Évitez le stalking, ouais.
LD : C’est une histoire de patience, les éditeurs sont chroniquement en retard sur les piles de manuscrits qu’ils ont à traiter parce qu’ils en reçoivent énormément. Donc déjà, dites-vous que si vous avez un manuscrit à peu près correctement présenté, écrit à peu près en français et dans le genre que l’éditeur est susceptible de publier, déjà, tout le monde ne franchit pas ces barrières-là. Un nombre impressionnant et étonnant de manuscrits ne franchissent pas ces exigences-là. Mais il faut savoir être patient, certains éditeurs d’ailleurs de plus en plus disent « si vous n’avez pas entendu parler de nous au bout de 6 mois, considérez que c’est un refus de facto ». Il peut cependant arriver qu’on puisse être récupéré un ou deux ans plus tard, où l’éditeur a fini par arriver au manuscrit, et dit « est-ce que le manuscrit est toujours libre ? », parce qu’il y a tellement de choses qui sont reçues. Donc, soyez patients, par pitié.
LG : En fait, d’après un sondage de 2006, il y aurait 2 millions de personnes en France qui rêvent de publier. Donc même si on écrème ceux qui ne vont pas au bout, ça fait toujours… Écrire est toujours un sport national, visiblement. Mais les éditeurs lisent les manuscrits, et ça, c’est toujours vrai, mais la liste d’attente est immense et ça, c’est encore plus vrai aujourd’hui. Histoire de vous rassurer, l’attente est toujours insupportable même après 50 livres publiés, sachez-le.
MF : Oh oui.
LD : Oui.
MF : Histoire de vous rassurer aussi, un certain nombre des conseils qu’on vient de vous donner – toute cette épreuve de prise de contact, etc. – sont valables pour le premier manuscrit. Souvent, une fois qu’on a commencé à publier qu’on a rencontré des éditeurs – on conserve souvent les mêmes éditeurs – les étapes suivantes sont un peu simplifiées puisque la prise de contact est déjà là. Ce dont on parle, c’est vraiment quand on débarque et qu’on ne sait pas encore trop… Je dirais que plus tard, à moins de changer radicalement de genre, d’aller s’adresser à un nouveau domaine où on n’a pas les contacts, au bout de quelques années on est suffisamment implantés pour que cette étape-là soit accélérée. Ce qui ne veut pas dire que c’est du copinage.
LG : Tout à fait.
LD : Ah oui, mais…
MF : Ce n’est pas du copinage, c’est juste qu’on se situe, on sait qui fait quoi, c’est plutôt ça.
LG : Alors, pour finir, deux petits conseils tout aussi pratiques, c’est d’éviter de faire certaines choses. Notamment soit dans votre mail ou votre lettre d’accompagnement, soit dans votre correspondance avec l’éditeur si vous avez d’autres correspondances, il faut éviter certaines formules. Par exemple « quelle chance vous avez que je vous envoie ce manuscrit ! » [rires] ou alors « j’ai déposé mon manuscrit chez un avocat au cas où vous me le voleriez » ou « ce livre a transformé la vie de ma voisine » ou « publiez-moi Obi-Wan, vous êtes mon ultime recours ! ». L’appel à la pitié ne fonctionne pas non plus.
[rires]
MF : « Tout le monde a refusé, je vous l’adresse au cas où ».
LG : Voilà, il y a ça aussi. Donc il y a un certain nombre de formules à éviter, en fait.
LD : Si vous êtes anglophones, il y a un excellent blog Tumblr qui s’appelle SlushPile Hell[1] qui en gros est un florilège des perles reçues par un agent d’accompagnement. C’est très marrant à regarder et surtout ça permet de se dire que si vous en avez une comme ça, eh ben fallait pas la mettre.
LG : Et pour en revenir justement à « j’ai déposé un manuscrit chez un avocat », non seulement évitez de le dire, mais en fait vous n’avez même aucun intérêt à le faire parce qu’en fait ça ne sert à rien. Les éditeurs veulent des écrivains et pas seulement des textes, donc ils ne voleront pas votre manuscrit. Eux ce qu’ils veulent, c’est un écrivain ou une écrivaine qui leur rendra d’autres textes, pas seulement celui-là.
LD : Tout à fait. Si on mise sur un auteur en tant qu’éditeur, c’est qu’on espère aussi pouvoir accompagner sa carrière, et évidemment on espère tous que les bouquins marchent, qu’il y en aura d’autres et qu’ils marcheront aussi.
LG : La citation pour terminer ? Alors, la citation elle vient d’un film, pour une fois, qui s’appelle Le Magnifique[2], qui date du début des années » 70, mais je ne me souvient plus de l’année exacte. En tout cas c’est l’écrivain populaire François Merlin qui se rend chez son éditeur Charron pour obtenir une avance [Extrait de film] : « Croyez-moi, c’est vous qui avez la meilleure part, cher Merlin. Alors que moi, qu’est-ce que je fais ? Je reçois ça. Des manuscrits. 20 par jour. 140 par semaine. Qu’est-ce que vous voulez que je foute de toutes ces saloperies ? Croyez-moi, vous avez sûrement plus de satisfaction que moi au bout du compte. Vous faites rêver des milliers de gens ».
Jingle : C’était Procrastination, merci de nous avoir suivis. Maintenant assez procrastiné, allez écrire !
[1] SlushPile Hell http://slushpilehell.tumblr.com
[2] Film de 1973, réalisé par Philippe de Broca
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