
Le temps de la terreur (2026, Leha)
John Gwynne, Britannique
High Fantasy, Tome 1/3 du cycle De sang et d’os, suite indépendante du Livre des Terres Bannies
Couverture : Paul Young
Traduction : Thomas Bauduret
Avis rédigé dans le cadre d’un SP
Of blood and bone, book 1: A Time of Dread (2018)
Il y a un siècle de cela, les Ben-Elims, une caste d’anges guerriers, ont vaincu les Kadoshims, une puissante horde de démons échappée de l’Autremonde, dans un terrible affrontement, ravageant à cette occasion le monde des humains.
Désormais, ils règnent en maîtres sur les Terres Bannies, mais leur paix est imposée brutalement aux populations. Dans le sud, Riv, une jeune guerrière impétueuse, souhaite ardemment rejoindre les Ailes-Blanches, une unité d’élite au service des Ben-Elims dédiée au maintien de la paix et à l’élimination des Kadoshims. À l’ouest, la géante Sig, qui enquête sur des apparitions de démons, découvre des signes de révolte et de magie noire. Et dans le nord enneigé loin des conflits, Drem, un trappeur, trouve des cadavres mutilés dans la forêt.
L’œuvre d’un terrible prédateur ou de quelque chose de bien plus terrifiant ? Les Terres Bannies traversent une période de troubles et de dangers qui bouleversent le monde, amenant à réaliser des choix vitaux. Car dans l’ombre, les démons se rassemblent, guettant le moment propice pour déchaîner leur vengeance…
Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions Leha pour ce service-presse !
Mon avis sur le Livre des Terres Bannies : Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4
Mon avis
Ce second cycle dans l’univers des Terres Bannies se déroule un peu plus d’un siècle après la fin du premier. Il peut se lire de façon indépendante, puisqu’il rappelle les évènements importants qu’il y a besoin de connaître. Et donc justement, si vous lisez celui-ci en premier, ça va fatalement vous spoiler la fin du Livre des Terres Bannies. En plus, il y a une dimension très nostalgique à lire les deux cycles dans l’ordre, j’avoue qu’à chaque fois que des personnages des Terres Bannies étaient mentionnés, eh ben ça fait un petit quelque chose.
J’en profite pour dire que pour parler du Temps de la terreur, eh ben je vais aussi devoir un peu spoiler le Livre des Terres Bannies, vous voilà prévenu’es, si jamais.
Or donc, à la fin du Livre des Terres Bannies, les gentils ont gagné, les méchants ont perdu (j’avais prévenu !). Sauf que, ce n’était pas si simple, j’avais d’ailleurs mentionné la fin ouverte du 4e tome, sans savoir à ce moment-là qu’il y avait bel et bien une suite. Les kadoshims sont loin d’avoir été exterminés, et pire encore, les ben-elims, sorte d’anges censés être les chevaliers de dieu et des parangons de vertu, se sont dit que l’humanité s’en porterait bien mieux si on décidait à leur place de ce qui est bien ou mal, parce que bon, les humains, ils sont pas bien futés, quand même. Les Terres Bannies se retrouvent donc avec des emplumés tout purs tout beaux en guise de nouveaux tyrans. Ouais, un peu amère, la victoire, Corban doit se retourner dans sa tombe.
C’était un élément qu’on avait déjà un peu dans le premier cycle, qui était loin d’être aussi manichéen qu’on ne pouvait le croire au premier abord, et ce tome là pousse ainsi le truc encore plus loin. On est donc pas du tout sur une redite des Terres Bannies, mais sur un véritable prolongement de son histoire et de ses thématiques. Fantasy classique, oui, manichéenne ? Meh.
On suit aussi plusieurs trames en parallèle, avec là encore des personnages qui ont différents points de vue et expériences sur la situation globale. J’avoue avoir directement eu un grand coup de cœur pour Drem, et je n’ai pas tardé à comprendre pourquoi. Dès son introduction, j’ai eu l’impression que ce personnage avait été écrit avec des traits autistiques, et bingo ! Il est inspiré du propre fils autiste de l’auteur. Beaucoup aimé sa représentation, bien plus fine et pertinente que certains autres personnages de fiction. Et comme quoi, OUI, les personnages handis ont bien leur place dans l’Imaginaire.
Beaucoup aimé aussi Riv, dont j’ai hâte de voir l’évolution vu ce qu’on apprend à la fin du tome, et beaucoup aimé retrouver Sig aussi. Parce que oui, même si les humains sont évidemment morts, les géants qu’on a connu dans le premier cycle sont toujours là, et c’est bien chouette d’avoir quelques visages familiers.
Et parce que cette fois, on a 3 tomes au lieu de 4, pas le temps de niaiser ! Le premier cycle était plus lent à démarrer (ce qui perso ne m’a pas dérangée, c’est juste un constat), ici, Gwynne nous jette directement dans le grand bain. Ca bastonne, ça court, ça mord, mais le livre n’oublie pas pour autant de respirer et de développer ses personnages et son ambiance. Les petits nouveaux sont vraiment attachants, on a envie de serrer les anciens dans nos bras, on a quelques pointes d’humour et pas mal d’émotions. En ce qui me concerne, ce premier tome met déjà la barre haute pour la suite du cycle.
Et ce livre nous propose un petit bonus ! Une nouvelle qui se déroule après le 4e tome des Terres Bannies, et c’est donc avec d’autant plus de nostalgie qu’on retrouve brièvement Corban et les autres. Pas grand chose à dire dessus, c’est toujours sympa d’avoir une petite histoire en plus et ça fait un peu le lien entre les deux cycles.
Bilan
Ce livre s’inscrit vraiment dans le genre d’univers que j’adore, le genre qui me donne l’impression d’enfiler des pantoufles confortables, bien au chaud sous un plaid et le chat sur les genoux. Parce que la High Fantasy fut ma porte d’entrée dans la Fantasy ? Possible. En tout cas, vraiment adoré cette nouvelle plongée dans les Terres Bannies, Gwynne est décidemment un auteur à suivre si vous aimez la Fantasy classique et épique.
Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?