Contrer les brumes, Tome 1 : Le guet de More, Léa Muna

Le guet de More (2025, Scrinéo)

Autrice : Léa Muna, Française

Tome 1/2 du cycle de Fantasy YA Contrer les brumes

Couverture : Hypathie Aswang

Illustrations intérieures : Léa Muna

Dans l’Amertume, une étendue de brumes mortelles, les chimères rôdent.
Clervie, domestique sur le guet de More, passe ses journées au service de messer Sénoc, un éminent alchimiste. Entre préparation du feu bleu et relevés du front brumeux, toutes les précautions sont bonnes pour se protéger de l’Amertume.
Juste avant la grande marée, les hommes du bastion découvrent l’existence d’un chimèron, un hybride mi-humain, mi-chimère. Les inquiétudes s’accroissent avec la montée des brumes. Quelles sont les véritables intentions de cette créature ?
Lorsque Clervie découvre qu’elle a des facultés similaires à celles du chimèron, tout bascule : un lien se tisse entre eux, et elle doit maintenant choisir entre son cœur et ses devoirs.
Et si le chimèron n’était pas une menace, mais la preuve vivante d’un salut pour l’humanité ?

Mon avis

Bien que je ne fréquente plus les forums d’écriture depuis quelques années, je suis toujours ravie de voir publiés des textes de mes ancien’nes camarades de galère. Et le présent roman fait partie de ceux-ci.

Il n’y a pas si longtemps, j’évoquais l’affinité entre la brume et l’Imaginaire (j’avais d’ailleurs oublier de mentionner Chevauche-Brumes !, merci à la personne qui me l’a rappelé, elle se reconnaîtra^^), et Contrer les brumes nous montre une fois de plus la dangerosité des… brumes, donc. Entre ses spores de champignons toxiques qui obligent à porter un masque à bec pour ne pas contracter une maladie mortelle, et les créatures qui y vivent… on n’a pas envie d’y mettre les pieds.

Pour se protéger contre la brume, on a construit de nombreux guets chargés à la fois de surveiller l’avancée de la brume et de repousser les créatures qui pourraient en sortir. Comme ça se bouscule pas trop pour faire ce boulot, on hésite pas à y mettre les auteurs de délits ou de crimes, qui obtiennent leur liberté après X années de service, à condition de rester en vie. Auteurs au masculin, parce que dans cet univers, les femmes… Ben, disons que tuer des bestioles, c’est un boulot de vrai bonhomme, quoi ! Le job des femmes, c’est de faire des enfants.

Vous l’aurez compris, on a là affaire à un univers sexiste et patriarcal, d’autant plus dans les guets à la population exclusivement masculine. Mais le guet de More fait un peu exception, puisque la disciple du mestre se trouve être Clervie, une femme, donc, avec tous les désagréments que ça implique pour elle.

Sauf que la force, c’est bien (meh), mais la curiosité, la réflexion et surtout, l’empathie, c’est bien aussi. En tout cas, ça va bien lui servir, à Clervie, quand un être étrange est ramené au guet, sorte d’intermédiaire entre une chimère des brumes et un humain, qui pourrait bien être la clé de leur survie. A condition de pouvoir communiquer avec cet être qui ne partage ni la même culture, ni la même langue, ni la même morphologie. Ouaip, c’est mal parti, c’t’affaire. Mais peu à peu, Clervie va réussir à ouvrir le lien, d’autant qu’elle partage d’étranges affinités avec ce « chiméron ».

Les différentes thématiques de ce roman se mêlent et se répondent parfaitement : le sexisme en général, le manque de légitimité qu’on accorde à une femme malgré ses compétences, la science qui ne doit pas oublier son empathie et sa bienveillance pour avancer, le pouvoir de la communication. Mais il n’oublie pas de nous proposer une intrigue addictive à suivre, puisque les personnages doivent à la fois survivre contre les chimères dans la brume et la maladie dégénérative et mortelle que ses spores propagent. On a aussi les prémices d’une romance qu’on voit venir à 42 kilomètres (oui), mais qui prend vraiment son temps, ce qui est appréciable, ainsi qu’une certaine forme de « magie », même si je n’en dirai pas plus là-dessus.

A titre personnel, adorant les créatures de l’Imaginaire, j’aurais apprécié davantage de diversité dans les créatures proposées, qui diffèrent peu voire pas des créatures qu’on connaît déjà, mais ça, ce n’est pas un défaut, juste mes attentes.

Pour finir, un petit mot sur les bonus du livre. On a en effet droit à quelques illustrations et extraits de notes de la protagoniste « elle-même », ce qui est plutôt sympa pour se mettre dans l’ambiance. Je m’interroge juste un peu sur le glossaire, qui donne les définitions de termes non spécifiques à l’univers, le genre de définitions qu’on peut trouver dans un dictionnaire ou sur internet. Alors, j’imagine que c’est pour faciliter l’accès à de jeunes lecteurs (pas trop jeunes, quand même, il y a quelques mentions de violences, d’ailleurs c’est très cool de proposer en fin d’ouvrage une liste des TW), ce qui est toujours intéressant, sauf que tous les termes « difficiles » n’ont pas été définis, donc… pourquoi certains mots et pas d’autres ? Là encore, c’est pas un défaut, au contraire, même, c’est juste que ç’a m’a un peu intriguée.

Bilan

Un premier tome pas forcément original dans son univers, mais qui propose un ensemble vraiment intéressant. On a un bon mélange entre l’action et les relations entre personnages, les thématiques proposées sont pertinentes, et l’évasion est bien présente avec les dangers inhérents à la brume. Je serai sans problème au rendez-vous pour la suite, j’ai vraiment bien apprécié cette lecture.

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

4 réflexions sur “Contrer les brumes, Tome 1 : Le guet de More, Léa Muna

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