L’Enfant de la marée, Tome 2 : L’appel des vaisseaux d’os, RJ Barker

L’appel des vaisseaux d’os (2026, Leha)

Auteur : RJ Barker, Britannique

Tome 2/3 de la trilogie de L’Enfant de la marée, Fantasy d’aventures

Illustration : Edward Bettison

Traduction : Hermine Hémon et Erwan Devos

The Tide Child, book 2: Call of the Bone Ships (2020)

Mon avis sur : Tome 1

Les arakeesiens sont de retour dans les Cent îles et leur réapparition n’augure que guerre et destruction.

Les rêves de paix de Meas la chanceuse, déjà mis à mal par le retour des dragons de mer, semblent définitivement partir en fumée alors que la Treizièmebern Gilbryn resserre son emprise sur l’Archipel et écrase toute dissidence.

Aussi, quand l’équipage de L’Enfant de la marée découvre sur un vaisseau en perdition une horde d’esclaves maintenus captifs dans des conditions atroces, c’est tout un complot sinistre qui se dessine. À la recherche d’une stratégie pour chasser les keyshans afin de construire de nouveaux vaisseaux d’os, la caste dirigeante semble prête à tout.

Plus que jamais, L’Enfant de la marée et son équipage devront naviguer entre les complots politiques, les inimitiés personnelles et les rivalités ancestrales, alors que des dissensions minent la cohésion à bord du navire.

En tout premier lieu, je tiens à remercier les éditions Leha pour leur confiance et l’envoi de ce service-presse.

Mon avis

Parmi les suites que j’attendais le plus, celle des Vaisseaux d’os figurait en très bonne place. J’avais adoré l’univers, l’aventure baignée d’embruns, et les personnages promettaient de bonnes évolutions. Cessons ici le suspense : c’était trop bien ! Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, au revoir !

Il faut développer ? Eh bien développons.

Nous retrouvons donc avec grand plaisir notre joyeuse bande de parias à bord de l’Enfant de la marée, un équipage cependant bien différent de celui que nous avions découvert. Les épreuves et les merveilles les ont soudés, sans parler du charisme et de l’empathie de Meas, la meilleure des épouses de bord. Meas est d’ailleurs toujours l’un de mes personnages préférées, une femme à la fois forte et sans pitié quand elle le doit, mais aussi compréhensive, à l’écoute, et prête à tout pour ramener la paix alors que sa position de naissance privilégiée aurait sans doute bien mieux profité de la guerre.

Cela dit, la paix, c’est pas pour toute suite, parce que les dragons de mer ont refait leur apparition. C’est d’ailleurs un des points de cet univers que j’aime beaucoup. Le problème ne vient pas en tant que tel des arakeesiens, qui ont l’air d’être des monstres plutôt pacifiques, le problème, c’est bien ce que les humains peuvent faire avec des arakeesiens : plus de vaisseaux d’os pour la guerre. Et pour avoir des os, il faut de la main d’œuvre pour chasser et tuer lesdits monstres.

Et on arrive là à l’enjeu spécifique de ce second tome. L’équipage de l’Enfant découvre l’horreur, et malgré les risques et leur position d’infériorité par rapport aux puissants de ce monde, il faut bien que quelqu’un s’y colle. C’est déjà bien compliqué, mais en plus, l’équipage lui-même n’est peut-être pas aussi soudé qu’on pourrait le croire de prime abord…

Vous l’aurez compris, dans ce tome, les personnages ont beau être plus aguerri que dans le premier, ils vont pas mal en baver, physiquement et émotionnellement (et sur ce second point, les lecteurices aussi, du coup… Au passage, c’est toujours aussi cool d’avoir un casting aussi diversifié). Les antagonistes font partie de ceux qu’on adore détester, et les protagonistes sont vraiment très attachants. J’ai déjà parlé de Meas, mais j’aime aussi énormément la personne qu’est devenue Joron, ainsi que son lien avec les gullaimes. La relation qu’il a avec un personnage plutôt inattendu est aussi très intéressante et j’ai hâte d’en connaître l’évolution.

Bref, ce roman est riche en action, en aventures, en émotions, et malgré la crasse et les coups dans le dos, il y a aussi du merveilleux, de l’extraordinaire, des morceaux d’empathie et de bravoure, proposés avec parcimonie pour en magnifier l’impact. Et la fin laisse supposer un tome 3 aux petits oignons !

Pour finir un peu plus sur la forme, certains chapitres cassent un peu la linéarité du récit : passages à la première personne, avec des narrateurs qui s’adressent à leur interlocuteur autant qu’aux lecteurices, mise en forme ou rythme particulier. Ce n’est pas grand chose en soi, mais ça rappelle que la structure d’un roman n’est pas nécessairement figée. Et en tant qu’autrice à mes heures perdues, je trouve ça toujours intéressant de montrer ce que peuvent apporter ce genre de petites expérimentations.

Bilan

J’avais déjà beaucoup aimé le premier tome, j’ai adoré celui-ci. Les personnages sont vraiment bien écrits, avec une belle diversité, on vogue dans la pourriture et dans le merveilleux, dans une ambiance d’action, d’aventures, mais aussi d’humour et d’émotions. Que vous dire d’autre à part rejoindre l’équipage ? Juste, faites gaffe aux oiseaux humanoïdes quand vous monterez, ils griffent et pire… ils insultent.

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

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