
Le bouffon de la couronne (2025, ActuSF)
Thibault Lafargue, Français
Tome 1/2 du cycle de Fantasy Le bouffon de la couronne
Couverture : Hervé Leblan
« Un bouffon est en dessous du peuple mais au-dessus du roi. Amuse le roi et tu amuseras la cour. Alors, tu seras l’être le mieux loti du château. »
Il en faut des hasards du destin pour que Sébrain, jeune homme dévoué à la religion du Triste, devienne Tirelangue, le bouffon du château de Belle-la-Ménure. Suite à une terrible maladresse commise lors d’un banquet diplomatique, il se voit nommé « bouffon » par le roi afin d’éviter un désastre. Ce mensonge le propulse au cœur des intrigues de la cour, où il découvrira à ses dépens la règle d’or du métier : un bouffon qui ne fait pas rire est un bouffon en danger…
Mon avis
Malgré tous les avis positifs chez les blogopotes, je ne partais pas forcément gagnante sur ce roman. Nombreux faisaient le parallèle avec l‘Assasin Royal de Robin Hobb, et il se trouve que je ne suis vraiment pas fan de ce cycle, en grande partie à cause de ses personnages (à l’exception du Fou, que j’adore). Mais voilà, j’étais quand même bien intriguée, c’est en 2 tomes, et puis l’auteur rencontré en salon était très sympathique donc… let’s go !
Ce 1er tome suit Sébrain, un jeune homme qui espère sa prochaine intégration au Moulin d’Or Blanc, haut lieu de la religion dédiée au Triste, mais malheureusement, la chance n’est pas avec lui, et il se retrouve projeté à la place dans les intrigues de cours, sous le costume bariolé du bouffon du roi. Un rôle qu’il n’aurait jamais pensé tenir un jour même dans ses pires cauchemars. Surtout qu’il arrive au pire moment possible, puisque une alliance est sur le point d’être signée (ou pas, du coup) entre les Ponants et les Levants, deux nations ennemies, via le mariage entre la princesse héritière et le fils du sultan. Ce serait dommage que l’arrivée inopinée de Sébrain fasse tout capoter, hein ?
L’écriture est vraiment agréable à lire et nous plonge doucement mais sûrement dans cet univers régi par une religion surprenante. Le chagrin est porté aux nues, tandis que l’Art de la Déesse est une perversion. Le Worldbuilding est pour moi le point fort principal de ce roman, j’ai trouvé cet aspect vraiment intéressant et je suis curieuse d’en connaître l’évolution de la suite.
Autre aspect très sympa : l’intrigue. Qui dit bouffon du roi, dit intrigues de cours, et le pauvre Sébrain n’a vraiment pas de quoi s’ennuyer avec tous les pièces à éviter, surtout que c’est un univers pour lequel il n’a pas été préparé. Silhouettes qui complotent dans l’ombre, caprices royaux, jalousies mortelles et inquisition, il y en a pour tous les goûts ! « Heureusement », Sébrain va trouver quelques demoiselles pour lui réchauffer un peu l’âme.
Ou pas. Parce qu’en parlant de demoiselles, Sébrain est vraiment un jeune adulte dont les hormones et les humeurs ont parfois tendance à gouverner le cerveau. Si j’ai apprécié l’intrigue et beaucoup aimé le worldbuilding, je suis plus réservée sur les personnages, et je n’ai pas du tout adhéré aux histoires de cœur. Bien que ce ne soit pas un défaut en soi, je n’ai ressenti aucun attachement ni réelle sympathie pour eux (à 2 exceptions près, même si je les ai trouvées plus « pathétiques » que vraiment attachantes). J’ai aussi trouvé parfois leur écriture un peu trop caricaturale, notamment en ce qui concerne les personnages féminins et/ou issus des minorités. J’accorde cependant le bénéficie du doute à ce premier tome : il est raconté du point de vue de Sébrain, un jeune homme un rien naïf qui a plus ou moins vécu en vase clos, donc ça ne me gêne pas qu’il ait des a priori sur les gens qu’il rencontre, mais j’espère que ce sera plus nuancé dans la suite. J’avoue aussi avoir un peu de mal à comprendre l’admiration et le respect que Sébrain voue au roi, même si j’ai trouvé les fluctuations de leur relation intéressantes à suivre).
On n’est pas non plus sur un livre très fun, mais ça, la couverture nous avait prévenu vu la tronche que tire ce pauvre Sébrain^^ (très chouette couverture au passage)
Bilan
Ce premier tome propose un worldbuilding très intéressant centré autour d’une religion qui sacralise la tristesse, ainsi que des intrigues de cours dont le naïf Sébrain a bien du mal à se dépêtrer. Même si je n’ai pas vraiment apprécié les personnages, j’ai trouvé ce premier tome très sympa à suivre et je suis curieuse de lire comment la suite va évoluer.
Et ailleurs qu’en pense-t-on ?