De la corne du Kirin au ailes du Fenghuang, anthologie dirigée par A.S. Bora et C. Duquenne

De la corne du Kirin au ailes du Fenghuang (2015, Voy’el)

Anthologie collective dirigée par A.S. Bora et C. Duquenne, avec 17 auteurices pour 18 textes

Couverture et illustrations : Priscilla Grédé

L’Asie regorge de créatures mystérieuses, tantôt espiègles, tantôt protectrices, souvent dangereuses. Serez-vous prêt à vous confronter aux tengu japonais ? A suivre une gumiho dans les rues de Séoul ? Vous laisserez-vous porter par les paroles de la kinnari indienne ? Aux côtés de nos dix-sept auteurs, partez à la découverte du continent asiatique et de toute la diversité de son bestiaire fantastique.

Mon avis global

Comme vous pouvez le voir par la date de publication, ça faisait pas mal de temps que j’avais cette anthologie dans ma pile à lire. Peut-être parce que je savais mes attentes élevées, puisque j’ai un intérêt spécifique pour les créatures de l’Imaginaire. Mais bon, à un moment donné, c’est dommage de laisser un livre juste dormir sur les étagères. Vous me direz, c’est peut-être pas très pertinent d’en donner mon avis maintenant vu que l’anthologie est désormais probablement introuvable, mais quitte à la lire, autant vous en toucher un petit mot vite fait.

Cette anthologie propose 18 textes relevant des genres de l’Imaginaires, répartis en 4 grandes parties selon la région asiatique de laquelle ils s’inspirent. Nous avons donc aussi bien des créatures issues du Japon, que de la Corée, en passant par l’Inde ou la Sibérie. Et ça, c’est très cool, je n’en connaissais pas certaines d’entre elles, même si plusieurs sont très connues. A ce niveau, on a le droit à un plutôt bel équilibre (par contre pas de fenghuang dans l’antho, et on n’a pas de kirin à proprement parler non plus, snif). A noter aussi que chaque texte bénéficie d’une esquisse en noir en blanc de sa créature (ou d’une des). On apprécie aussi le glossaire en fin d’anthologie pour certains termes spécifiques.

Par contre, j’ai trouvé l’antho assez inégale sur l’intérêt des textes proposés. Il y en a quelques uns que j’ai vraiment trouvés sympas, mais très peu qui sortaient vraiment du lot. J’en ai trouvé pas mal assez oubliables, et même plusieurs auxquels je n’ai pas réussi à accrocher.

Mon avis texte par texte

Les îles du Levant

  • Hiderigami et le tanuki, Anthony Boulanger (Fantasy)

Un petit Yokai se prend pour plus divin qu’il ne l’est. Un petit conte sympathique mettant en scène un Yokai que je ne connaissais pas, ce qui est toujours bon à prendre.

  • Fin de cycle, Marthe Machorowski (Fantasy)

Un élu entreprend un voyage vers l’antre d’une créature séculaire. Beaucoup apprécié cette nouvelle, j’ai notamment bien aimé son style nerveux qui confère une ambiance d’urgence au texte.

  • Les treize orphelins, Tesha Garisaki (Fantasy)

L’époux d’une femme malade s’en va quérir l’aide d’un onmyōji et de ses yokai. Ah, une nouvelle un peu plus longue qui développe un peu plus son histoire et ses personnages. J’ai bien aimé suivre cette histoire et essayer de deviner les causes de l’état de cette femme, et les motivations des personnages sont plutôt amusantes.

  • Feu libéré, feu honni, Anthony Boulanger (Fantasy)

La quête initiatique d’un guerrier en quête de vengeance. Une histoire plutôt sympa, mais je l’ai trouvée un peu étriquée par son format.

  • Uso Tsuki, Lilia Kessens (Fantastique)

Dans le Japon contemporain, une jeune femme fait une étrange rencontre. Rêve ou réalité ? Beaucoup aimé cette nouvelle, et surtout l’incertitude sur ce qu’il se passe réellement dedans.

  • Les mondes superposés, Lilian Peschet (Science-Fiction)

Une vague de suicides semble toucher des patrons d’entreprise. Une nouvelle plutôt originale, on ne s’attend pas forcément à trouver de la SF avec une telle thématique. Malheureusement, je n’ai pas adhéré plus que ça : vu la « complexité » de cet univers proposé, je pense là encore qu’un format plus long aurait peut-être été mieux adapté.

  • Ryokôsha, Philippe Deniel (Science-Fiction)

Une fois n’est pas coutume, je ne proposerai pas de résumé, parce que l’un des intérêts de cette nouvelle est d’essayer de deviner ce qu’il s’y passe. Plutôt sympa, malheureusement pour cette nouvelle, elle souffre un peu de la comparaison avec certains romans lus depuis, mais ça n’enlève pas son caractère original, surtout lors de sa publication.

Interlude sibérien

  • La trace du Grand Serpent, Alex Evans (Fantasy ?)

Où un guide raconte une légende locale. J’avoue que je ne comprends pas la valeur ajoutée de faire raconter cette histoire par un guide au lieu de la faire vivre directement. L’histoire en elle-même est assez classique, par contre c’est intéressant d’avoir une histoire basée sur une créature aussi peu représentée, j’ai galéré à retrouver l’inspiration d’origine.

Sud de l’Himalaya

  • Les défenseurs de Siddapur, Flora Greys (Fantasy)

Après la destruction de son village, une jeune femme trouve refuge auprès d’un prince. Très sympa de proposer une histoire en Inde, dont la mythologie est finalement peu exploitée en Imaginaire, mais je n’ai pas trop accroché. En partie là encore, je pense, à cause de son format : je l’ai trouvée trop « complexe » pour une nouvelle, je pense qu’un format plus long m’aurait davantage permis de m’y investir.

  • Le cygne et l’albatros, Céline Etcheberry (Fantastique)

Un aviateur est sauvé par une jeune femme. Oh, j’ai beaucoup aimé celle-ci ! Poétique, au bon rythme, et j’apprécie le fait que la fin ne soit pas 100% explicite.

  • Bhusunda, Julien Chatillon-Fauchez (Science-Fiction).

Une voyageuse stellaire fait une randonnée en montagne. Le message de la nouvelle est plutôt intéressant, surtout avec l’importance des réseaux sociaux dans notre monde, mais je n’ai pas accroché à l’histoire proprement dite. Le cadre SF n’apporte pas grand-chose, je trouve.

Aux bords des mers de Chine

  • Danser avec le diable, Téo Silis (Fantasy)

Sur sa jonque, un homme se confronte à une créature marine. Beaucoup apprécié l’écriture, notamment l’alternance entre les passages à la 1ère personne et ceux à la 3e personne. L’histoire est courte, mais sympathique aussi, le peu de contexte confère une certaine aura au texte.

  • Le roi de la mer orientale et le prince de Chine, Olivier Boile (Fantasy)

Où il n’est pas bon d’être cupide. Sympathique, mais cette histoire sous forme de légende manque un peu trop d’originalité à mon goût.

  • Serinette pour un Qilin, Léo Lallot (Science-Fiction)

Un Maître en son domaine en appelle au Qilin pour sauver ses concitoyens. J’avoue qu’au début, cette nouvelle me laissait un peu perplexe : je ne voyais pas trop où elle voulait en venir, pas plus que je ne voyais l’ombre d’un Qilin à l’horizon. En fin de compte, je crois que c’est l’une de mes préférées de l’anthologie, une belle ode au pouvoir de l’imaginaire et du merveilleux.

  • Ha Long, la descente du dragon, V. Pingault (Fantasy)

Une jeune femme découvre qu’elle est l’héritière d’un dragon. Pas grand chose à dire sur ce texte. J’aime bien l’idée derrière, mais je n’ai pas forcément accroché au texte proprement dit.

  • Un parfum d’éternité, Célia Flaux (Urban Fantasy)

Un homme enquête sur les meurtres d’êtres surnaturels. Un récit noir plutôt sympathique mêlé à de la romance. Si j’ai aimé l’idée, je reste un peu sur ma fin quant à la partie polar, que j’ai trouvée un peu trop éclipsée par la romance.

  • Argent terni, Mathieu Rivero (Science-Fiction)

Une jeune femme cherche à accomplir sa vengeance contre la Triade. Je l’avoue, je n’ai pas tellement accroché à cette nouvelle, je pense que c’est en partie parce qu’elle aurait bénéficié d’un format plus long pour développer son univers et ses personnages.

  • Ils seront du voyage, Eva Simonin (Science-Fiction)

Un vaisseau spatial transporte de bien étranges voyageurs. Je l’avoue, cette nouvelle m’a laissée plutôt perplexe dans un premier temps, j’avais du mal à saisir ce qu’il se passait. J’ai beaucoup aimé la révélation, je l’ai trouvée poétique et un hommage pour nos imaginaires.

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