
Les Archives de l’Inhumain (2025, Ed. Octoquill)
Collectif, 11 nouvelles Fantastique/Horreur
Mon avis sur le Vol I
« Nous agissons partout dans le monde pour vous protéger. Mais pour notre sécurité à tous, vous n’en saurez jamais rien » – DGSE.
Personne ne sait vraiment ce qu’il se passe dans les services secrets français. Si la plupart des gens connaissent au moins l’existence de leurs unités de lutte anti-terroriste, de géopolitique, d’espionnage et de cyberdéfense, rares sont ceux à connaître leurs Archives de l’Inhumain.
Au sein de cette unité sont réunis tous les dossiers étranges, toutes les rencontres entre le genre humain et l’horreur de l’inexplicable.
Vous avez survécu à la lecture des premiers onze cas répertoriés par les Archives de l’Inhumain.
Félicitations.
Ce n’est que le début ; vous êtes encore loin d’imaginer tous les secrets protégés par cette unité secrète tentaculaire.
Découvrez onze nouvelles anomalies, onze nouveaux cas écartés du monde, dont la quasi-totalité des mortels n’aura jamais connaissance.
Êtes-vous sûrs de vouloir risquer une seconde fois votre santé mentale ?
Mon avis global
Bien que le bilan s’était avéré un peu mitigé pour le premier volume consacré aux Archives de l’Inhumain (sorte de Fondation SCP, si vous ne savez pas ce que c’est, n’hésitez pas à aller jeter un œil sur ma 1ère chronique ou à faire une petite recherche Internet), j’ai sans hésitation rempilé pour ce second volume, parce qu’il y avait quand même quelques chouettes textes, et puis surtout, j’aime ce genre d’ambiances^^
Et, bon, le bilan va être assez similaire encore une fois. Quelques (très) chouettes textes, d’autres que j’ai trouvés intéressants mais trop longs, et d’autres auxquels je n’ai pas adhéré du tout (à une occasion près, j’avoue que le rapport avec les Archives était un peu tiré par les cheveux…). Bref, un résultat assez inégal, ce qui est aussi le jeu des anthologies collectives. Aucune ne fait peur, mais certaines arrivent quand même à proposer une chouette ambiance.
Mon avis (bref) pour chaque nouvelle
- Esprit, es-tu là ? Priscilla Grano
Des Archivistes se font passer pour un couple afin d’enquêter sur les pouvoirs auto-proclamés d’une médium. Une première nouvelle sympathique mais pas forcément marquante. J’en suis d’ailleurs ressortie plusieurs fois, parce que ces enquêteurs ressemblaient vraiment à de purs amateurs vu leur non préparation, et à cause d’une faute d’homonyme dont je n’ai pas réussi à déterminer si elle était volontaire ou non (je pense que non, vu comme elle attire l’œil et fait sortir du texte). J’ai quand même bien aimé la révélation et la conclusion.
- Casanier carnassier, Lyn Hellénore
Un couple disparaît après avoir rendu visite à leurs voisins âgés, leur fils donne l’alerte. Oh ! Là ça me parle ! Déjà, au niveau de la forme, on retrouve l’ambiance SCP avec des extraits de dossier plus ou moins censurés. L’ambiance est elle aussi réussie, avec une certaine angoisse qui monte petit à petit, et j’ai trouvé le phénomène dont il est question vraiment cool. En sous texte, un récit aussi sur l’isolement des personnes âgées, et sur le désespoir que peuvent rencontrer les proches d’une personne dont la santé décline inexorablement. Complet, un peu dramatique, et fun. Direct sur le podium, et pas à la 3e place.
- Le dossier #A-0134, Victor Briche
Aujourd’hui, un archiviste doit réexaminer un ancien dossier. A moins que ce ne soit hier ? Ou même demain ? J’ai plutôt bien aimé cette nouvelle où la mémoire du personnage est sans cesse effacée alors qu’il essaie de travailler sur un dossier, mais son principe de répétition la rend, justement, un peu trop longue et répétitive. J’ai cependant bien accroché à cette espèce d’angoisse existentielle provoquée par le SCP du moment.
- L’enfant aux neuf vies, Delphine Muse
Un cadavre impossible suscite la stupéfaction d’un duo d’Archivistes. Pas convaincue par cette nouvelle, à cause de plusieurs aspects. Déjà, le titre, qui n’a pas trop de rapport je trouve avec l’histoire. J’ai trouvé la narration assez confuse, plusieurs fois, je n’ai pas compris ce qu’il se passait/de quoi on parlait avant qu’un personnage ne le précise noir sur blanc. Je n’ai pas compris les motivations de l’antagoniste, et j’ai du mal à trouver crédible la menace d’un bébé vampire.
- Le miroir, Maggie Agathéon
Des Archivistes enquêtent sur la disparition/réapparition d’un clerc de notaire. Mouich. Alors, je vais pas avoir grand-chose à dire dessus vu que je n’ai pas accroché à celle-ci non plus. Je l’ai trouvée beaucoup trop longue pour pas grand-chose, et le double twist un peu trop évident.
- Le démon des remparts, Julia Rizzotto
Un Archivistes lit des rapports afin de les numériser. Mouich, encore une nouvelle sur laquelle je n’ai rien à dire, je l’ai trouvée assez creuse, avec une narration pas toujours très claire.
- Vers d’oreilles et écailles de sang, Carole Nguyen Vo
Des Archivistes enquêtent sur un chant enregistré sur magnétophone qui pousse les gens qui l’écoutent au suicide. Ah ben ici, j’ai un peu le problème inverse : cette nouvelle est trop dense. Le lore est vraiment sympa, mais je pense qu’il aurait mieux convenu à un format plus long, parce qu’ici, on a un univers et une intrigue à tiroirs trop complexes pour une nouvelle, dans le sens où ils peinent à émerger organiquement (big up si t’as la ref), et sur la forme, on a un texte beaucoup trop explicatif et descriptif. On ne vit pas ce qu’il se passe, quoi.
- Tom, Florence D. Orlhac
Un Archiviste et son stagiaire enquêtent sur un lapin en peluche. Est-ce qu’on a une 1ère place sur le podium ? Mais oui ! Ce texte commence de façon assez classique, avec un lapin en peluche qui mord les gens parce que les lapins carnivores, c’est toujours un peu drôle (je me suis moi-même crocheté un lapin vampire en peluche, oui, oui !), et il se termine avec une histoire traitant de l’ enfance, d’isolement et de traumas, et une fin franchement émouvante. Très beau texte.
- Cherryh XY, Orezza d’Antes
Une IA extraterrestre prend un hacker en otage. Je… Euh… Je n’aime pas dire du mal des textes que je lis, parce que je sais à quel point c’est un exercice difficile. Mais vraiment, j’ai pas compris. Alors, l’intrigue est claire, hein, pas de problème, mais j’ai vraiment pas compris ce que l’autrice essayait de faire avec, et surtout, j’ai un peu peur de la note d’intention. Déjà, le lien avec les Archives de l’Inhumain est très superficiel, au point où je me suis demandé si l’autrice n’avait pas réécrit un ancien texte pour qu’il colle à peu près avec l’antho (et y’a pas de mal à ça en soi, juste là… ben je trouve que ça marche pas). Mais surtout, j’ai eu l’impression d’un gloubi glouba de concepts modernes pas forcément traités de façon pertinente : Intelligence artificielle, wokisme (?), féminisme extrême (??), transidentité (sort of, hein, parce que le pourquoi du comment est pas top). Bref, j’ai vraiment, vraiment pas aimé.
- Wild West, Sascha Lahaie
Un streamer disparaît des réseaux après avoir testé un jeu vidéo pas encore sorti en live. Oh ! De l’analog horror, trop bien ! Premier degré, je suis contente que l’anthologie contienne un texte dans ce registre d’horreur. En plus, il gère plutôt bien, beaucoup aimé pouvoir découvrir l’histoire via des transcriptions du live. Et hop ! Troisième sur le podium !
- Toi qui ne revins jamais, Gabriel G. Meyer
Un archiviste écrit un message à un Instagrammeur qui a disparu au cours d’un voyage. On n’est pas dans l’horreur ici, plus dans le mystère vu qu’on se demande tout le long où l’auteur veut en venir, mais j’ai bien aimé la conclusion, et le texte lui-même propose un récit de voyage plutôt sympa. Ce n’est pas toujours le cas, mais j’ai trouvé la narration en « tu » plutôt justifiée ici.
