De sang et d’os, Tome 2 : Le temps du sang, John Gwynne

Le temps du sang (2026, Leha)

John Gwynne, Britannique

High Fantasy, Tome 2/3 du cycle De sang et d’os, suite indépendante du Livre des Terres Bannies

Couverture : Paul Young

Traduction : Thomas Bauduret

Avis rédigé dans le cadre d’un SP

Mon avis sur : Tome 1

Of blood and bone, book 2 : A Time of Blood (2019)

Drem et ses compagnons sont hantés par les horreurs dont ils ont été témoins durant la bataille du lac de la Pierre des Etoiles : les cris des hommes se transformant en bêtes et la vision d’un démon ressuscité d’entre les morts. Mais leur terreur n’est pas près de s’apaiser. Fritha, la redoutable grande prêtresse des démons, est désormais à leurs trousses.

Cachée dans la forêt de Forn, Riv sait que sa simple existence est une menace pour les Ben-Elims. Elle incarne leur secret le plus terrible, et si les anges guerriers la trouvent, ils n’hésiteront pas à la réduire définitivement au silence.Fortes de leur puissance retrouvée, les forces démoniaques se lancent à l’assaut du bastion des Ben-Elims.

À l’instar des héros d’autrefois, Drem, Riv et les guerriers de l’Étoile Vive devront se battre pour sauver leur vie et leurs terres. Mais la lumière peut-elle l’emporter face aux ténèbres qui gagnent chaque jour un peu plus de terrain ?

Avant toute chose, je tiens à remercier les éditions Leha pour leur confiance et l’envoi de ce service de presse.

Mon avis

Après les évènements ayant conclu le tome précédents, nous retrouvons nos personnages passablement éreintés (voire irrités, pour certaines).

Du côté de Drem, c’est une longue fuite pour essayer de rallier l’ordre de l’Etoile Vive, mais Fritha et ses abominations ne semblent pas décidés à lâcher l’affaire. Les déconvenues se succèdent, on sent bien le danger leur mordre les chevilles, mais le rythme relativement lent rend aussi bien compte de la fatigue qui les gagne.

Riv, en revanche, est plutôt du côté irritation de la force. Après s’être mangé de lourdes révélations, voilà qu’elle s’en prend de nouvelles sur le coin de la figure, et nous avec. Quoi qu’il en soit, la révélation de sa véritable nature la place dans une situation assez inconfortable, parce que les soi disant protecteurs divins de l’humanité – aka les Ben Elim – ne sont pas franchement jouasses à l’idée.

Et puisqu’on parle des Ben-Elim, leur caractère ambigu était déjà présent dans les Terres Bannies, et plus encore dans le premier tome de la présente série, mais sur certains points, ils ne sont vraiment pas mieux que les Kashoshims, au point où je ne suis pas vraiment sûre qu’on puisse encore les compter dans le camp des alliés. Ils manipulent et intriguent pour leur bénéfice personnel et leur pseudo statut divin, et les humains se retrouvent vraiment pris entre le marteau et l’enclume. Cet univers peut certes sembler manichéen sur le principe, mais dans la pratique, ce n’est vraiment pas aussi tranché. Kol est d’ailleurs devenu l’un des personnages que j’aime le plus détester, et j’espère qu’il va se prendre un bon retour de bâton dans les plumes.

Ce qui nous amène à Fritha. J’aimais bien Fritha dans le tome 1, mais c’est vraiment dans ce tome-ci qu’elle se dévoile dans toute sa complexité. Malgré ses crimes et toutes les choses affreuses qu’elle fait (littéralement, pour le coup – merci à elle d’ailleurs pour ce bestiaire de plus en plus cool), eh bien je ne peux pas m’empêcher d’éprouver une vraie compassion pour cette femme brisée qui a choisi le marteau pour se venger de l’enclume. Je ne sais pas ce qui l’attend dans la suite, et elle ne pourra sans doute pas rester impunie, mais quand même. Je pense qu’elle rejoint Drem dans mes personnages préférés de ce second cycle.

Comme d’habitude avec John Gwynne, les personnages sont vraiment l’un des gros points forts. Profondément humains, brisés ou ambitieux, nobles ou lâches, et dans tous les cas : vivants et sources d’émotions. Même les personnages tertiaires, puisque je n’ai pas pu m’empêcher de lâcher une insulte lors d’un certain revirement du climax.

Et le climax est, comme d’habitude là encore, une vraie réussite. La première partie suit un rythme relativement lent, de quoi bien placer les pions et les enjeux, mais la seconde est épique comme on l’aime. On a beau se douter que nos personnages préférés vont s’en sortir vu qu’il reste encore un tome (et qu’on est pas chez Martin), ça ne veut pas dire que tout le monde est à l’abri ni qu’ils ne vont pas en baver. Vraiment, cette seconde partie passe en un éclair, et on a qu’une hâte : voler vers la suite.

Bilan

Cette suite était l’un des livres que j’attendais le plus ce deuxième semestre, et elle est clairement à la hauteur de mes attentes. Quel que soit leur cap, les personnages paraissent vivants, c’est épique, y’a de la baston, des complots et des bestioles, bref, y’a tout ce qui faut ! Je ne le connaissais pas il y a encore quelques années, mais John Gwynne s’impose décidemment comme un auteur essentiel de la High Fantasy actuelle.

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

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