
Trois nuits (2025, Asynchrone/PVH éditions)
Stéphane Arnier, Français
One-shot, Fantasy/Polar
Couverture : Brookesia Studio
Trois cadavres. Trois enquêtes. Trois nuits. C’est l’épreuve imposée par l’entité maléfique du nom de Keres, qui pourrait bien être la mort elle-même, à Nabintu, Melanthius et Ishitey. La première est une paysanne en fuite, le second un ancien prévôt et la dernière une guerrière venue du Nord. Trois maudits qui vont devoir décider si les personnes désignées par Keres sont coupables ou non des meurtres dont ils sont suspectés. Mais en cas d’erreur de jugement, Keres dévorera l’âme des trois maudits.
Trois nuits pour lesquelles ces derniers n’auront que jusqu’au lever du soleil pour décider…
Mon avis
Même si ça fait un bail que je suis (de loin) Stéphane Arnier sur les réseaux, ce n’est qu’avec La brume l’emportera que j’ai découvert sa plume (et que j’ai tendance à renommer Après la brume pour une raison que seul mon hamster connaît). Une découverte quasi coup de cœur, autant dire que ses autres romans ont vite remonté dans la Wishlist, à commencer par le titre du jour.
Pour autant que je puisse en juger, Trois nuits est assez atypique dans le paysage SFFF, puisqu’il s’agit d’enquêtes dans un univers de Dark Fantasy. Trois enquêtes, une par nuit, dont l’enjeu pour les trois protagonistes n’est pas uniquement de découvrir la vérité derrière les meurtres, mais aussi d’essayer de sauver leur âme. Comment faire pour gagner la partie contre Keres, l’entité qui les a conviés à ce petit jeu ? Eh bien c’est simple : il suffit de découvrir si la personne pointée par Keres est coupable ou non dudit meurtre, et la tuer si elle est coupable (mais il faut la garder en vie si la personne ne l’est pas). Si les protagonistes se trompent, dans un sens ou dans l’autre ? C’est terminé, fin de la partie. Evidemment, Keres ne les a pas choisis par hasard : chacun dissimule en effet un lourd secret, et culpabilité et incertitude ne cessent de les ronger, d’autant que les cas auxquels iels sont confrontaes font remonter leurs propres tourments.
On comprend très vite la thématique centrale donc je considère que ce n’est pas un spoiler, mais il s’agit de montrer à quel point les apparences et les paroles peuvent être trompeuses, ainsi que la complexité de certaines situations qui peuvent mener à des erreurs de jugement parfois dramatiques, malgré toute la bonne foi dont on peut faire preuve.
La résolution des enquêtes ne recèle pas tellement de surprise, surtout vu la thématique, mais ce qui est intéressant dans ce roman, c’est surtout la façon dont les personnages vont déterminer la vérité, comment iels vont y réagir, et ce qu’ils vont en rapporter pour leurs situations personnelles.
L’univers reste superficiel, dans le sens où c’est juste une toile de fond, mais il apporte une atmosphère poisseuse et sombre du plus bel effet. Mais le roman n’oublie pas d’être émouvant, que ce soit pour les protagonistes et leur cheminement, ou pour certains des personnages « à juger » malgré leurs failles et leurs erreurs. J’ai aussi beaucoup aimé Keres, dont on découvre petit à petit les différentes facettes derrière les apparences.
Bilan
Tout en proposant une histoire plutôt atypique dans le domaine de l’Imaginaire, le roman se révèle à la fois très simple et direct, et en même temps profondément sensible et humain. Une belle lecture, dont on devrait nous aussi conserver les enseignements dans un coin de notre tête.